Etat Civil :Nom : Villagio
Prénom(s) : Lilia
Surnom(s) : La Mante Religieuse, La Tigresse et autres noms d'oiseaux qu'elle affectionne tout particulièrement dans l'intimité
Âge : 34 ans
Sexe : Féminin
Signalement : Physique global : (Type : Caucasien)
Lilia porte en elle les traits typiques de l'italienne. Des yeux noirs au regard intense et très provocateur soulignés par des sourcils au dessin rigoureux, un petit nez pointu qui se fronce lorsqu'elle est en colère et une bouche à la fois discrète et pulpeuse donnent à son visage tout son caractère qui se veut très fort. Pour accentuer ce trait-là, elle aime à porter les cheveux courts, légèrement en bataille, une mèche rebelle tombant sur son visage comme si elle sortait du lit d'un quelconque amant. Elle tient également à mettre en valeur son corps de femme mûre qui a pourtant gardé la fraîcheur de ses 20 ans. De taille moyenne, un petit mètre 70 même si elle se grandit toujours d'au moins 7 ou 8 cm, elle a un corps sculpté tout en rondeurs bien placés qui a convaincu plus d'un homme. Son visage pourtant montre bien sa trentaine avec des traits assez marqués, notamment par la drogue, l'alcool et la fatigue mais elle le dissimule habilement sous le maquillage qu'elle applique toujours exagérément, soulignant ses yeux de beaucoup de noir et sa bouche d'un rouge intense.
Vêtements : Lilia a toujours eu un goût pour la provocation à l'extrême et une passion complètement assumée pour le fétichisme. Il n'est donc pas rare de la voir porter corsets et bustiers comme d'autres portent des t-shirts. Passionné par le cuir, elle porte le plus souvent des cuissardes ou alors, des talons aiguilles très hauts pour accompagner ses jupes très courtes, shorts moulants et autres combinaisons. Il lui arrive également très souvent de ne porter que sa lingerie sous un manteau en cuir ou en fourrure. Rayon lingerie, elle s'y connait, elle a porté et porte tout ce qu'il y a de plus glauque en matière de sous-vêtements. Les culottes en coton et les soutiens-gorges bien sages, très peu pour elle. Pour une question pratique, elle ne porte quasiment jamais de bijoux si ce n'est un collier qui, à la base, n'est pas destiné à cet usage.
Signe(s) particulier(s) : Deux tatouages : un code-barre dans le cou et une fléche vers le bas dans le bas du dos
Dossiers Psychiatriques : Qualités : Des qualités ? Hum, ça devrait pouvoir se trouver mais bien enfouies alors. Certes, ce n'est pas une gentille fille mais elle peut peut-être plaider des circonstances atténuantes. C'est vrai, après tout, elle n'a jamais rien fait que ce qui lui semblait juste et même si son sens de la justice laisse parfois à désirer, elle n'en reste pas néammoins fidèle à ses principes, une qualité assez rare chez une ex-prostituée, il faut bien le dire. Fidèle également aux personnes qui l'ont un jour aidé, elle tient à leur rendre la pareille si ils sont dans le pétrin à un moment ou à un autre et elle est prête à tout pour les rares personnes auxquelles elle a accordé sa confiance. Elle sait aussi se montrer très discrète et ne pas trop l'ouvrir lorsqu'il le faut, ce qui lui a valu d'échapper plusieurs fois à des problèmes. Et, contrairement à l'image qu'elle donne d'elle, c'est une femme très cultivée qui, une fois seule, ne se refuse pas un bon roman ou un instant de mélomanie.
Défauts :Le meilleur pour la fin, au moins, il y a beaucoup de choses à dire ici. Le fort caractère de Lilia lui a valu de nombreux problèmes mais il fait néammoins partie d'elle. Un tempérament de feu qui la rend très impulsive et prompte aux pulsions colériques et violentes. Elle est impitoyable et beaucoup regrettent de s'en être fait une ennemie parce qu'avec Lilia, pas de concessions possibles. Une fois qu'on est dans sa liste noire, on en ressort que les pieds devant. La mort des gens ne lui a jamais fait ni chaud ni froid d'ailleurs, si elle n'est pas de son fait, elle peut à la rigueur y trouver un certain soulagement si elle voulait être débarassée de cette personne mais sinon, il n'en résulte qu'un certain plaisir sadique qui est plus d'ailleurs du côté de la violence que de la mise à mort. Elle est également très instable psychologiquement ce qui lui vaut de ne pas se rendre compte de ses actes ou d'avoir des réactions très innatendues qu'elle ne contrôle pas.
Craintes : Sa plus grande crainte, c'est son passé, elle a peur plus que tout qu'il la rattrape. Mais, elle a également ironiquement peur de vieillir et fait tout pour retarder ce moment.
Troubles psychiques et/ou psychologiques : Déviance sexuelle aggravée, j'imagine que j'ai pas besoin de vous faire un dessin, en gros, elle couche avec tout ce qui bouge, hommes, femmes, enfants ... et a des habitudes qui, normalement, se soignent chez un bon psychiatre. Ajoutez à cela des insomnies récurrentes, une paranoïa hors du commun et une forte tendance aux psychoses et à la violence.
Goûts : bourgeois, elle n'a pas un goût particulier pour l'argent mais ne supporterait pas d'être pauvre tout de même.
Métier : Après la prostitution, Lilia passe de l'autre côté du miroir, appellez-la maquerelle maintenant.
Historique :27 Juillet 1974Une soirée brûlante d'été. Une soirée comme les autres ici. Mais, pas pour tout le monde. Dans la salle de travail de l'hôpital de San Diego, des cris résonnent. C'est Madame Villagio, la femme d'une des familles puissantes de la mafia sicilienne qui s'est implanté depuis quelques dizaines d'années dans cette ville. A l'hôpital, tout le monde le sait. Ils n'ont pas le droit à l'erreur. Sous les imperméables immaculés des hommes de la famille, ne se cachent pas que des porte-feuilles. D'ailleurs, qui d'autre mettrait un imperméable en plein mois de juillet ? Peu à peu, l'on n'entend plus de bruit. Que l'affollement des infirmières. Et puis, des cris. D'autres cris. Ceux d'un enfant qui vient de naître. Lilia, elle s'appelle Lilia, dit le père en entrant brusquement dans la pièce, couvrant de sa voix grave les cris de l'enfant qui se calment. Une petite tête brune dépasse du drap. C'est celle d'une petite fille. Collée contre sa mère, elle scrute de ses yeux aveugles et de ses petites mains frippées, ce nouveau monde qui s'ouvre à elle. De toute son innocence, elle l'apaise et médecins et infirmières oublient un instant les flingues. Les hommes en blanc se mêlent aux hommes en noir. Rien qu'un instant. L'innocence ici ne dure qu'un temps.
4 Mars 1980De ce qu'elle se rappelle, Lilia a le plus clair souvenir de l'année de ces 5 ans. C'est à ce moment-là qu'elle peut enfin remettre en ordre ce qui s'embrouillait plus tôt dans sa tête. Elle se souvient de la maison, la grande maison avec son beau jardin. Et puis, la famille, elle avait beaucoup de famille. Ils venaient souvent à la maison et s'enfermaient pour parler avec son papa dans une pièce dans laquelle elle ne pouvait jamais rentrer. Le bureau de papa. Il y avait Tonton Federico, Tonton Gilliano, Tonton Vincente, Cousin Ugo et Cousin Romano. C'était eux qui venaient le plus souvent avec leurs femmes et leurs enfants, parfois. Tout le monde était très gentil avec Lilia, ils lui offraient des cadeaux à chaque fois. Elle jouait avec les jeunes enfants ou restait sur les genoux de sa mère à l'écouter parler en italien avec ses tantes. Elle ne savait pas parler italien, pas encore. Papa préfèrait qu'elle parle bien anglais d'abord. Mais, elle comprenait quand même certains mots et elle savait que si ils parlaient italiens, c'était parce qu'ils ne voulaient pas qu'elle sache ce qu'ils disent. Mais, elle avait entendu certaines choses. A propos de "la prison" ou "la mort". Maman lui avait un peu expliqué mais elle n'avait pas tout compris. Elle lui disait qu'elle était trop petite pour ça. Alors, elle ne se posa pas plus de questions. C'était une période très paisible, très heureuse. Pourtant, elle avait l'impression que ça n'allait pas durer. On ne peut pas être toujours heureux même si on le veut, disait maman. Elle avait raison.
28 Juillet 1984C'était le lendemain de ses 10 ans. Elle avait reçu pleins de cadeaux et s'amusait avec dans la maison. Son préféré, c'était le cadeau de Tonton Gilliano. Un pistolet en plastique. Il faisait un vrai bruit comme dans les films. Elle s'amusait à tirer sur son papa lorsqu'il sortait de son bureau. Il faisait semblant d'être mort. Elle savait ce que ça voulait dire maintenant. Mais là, c'était pour de faux. Tonton Gilliano était revenu aujourd'hui justement. Il lui avait à peine dit bonjour. Il semblait très pressé et en colère. Il l'envoya dans sa chambre quand elle lui tira dessus. Elle n'était pas très contente mais elle ne lui demanda rien de plus. Pourtant, quelques temps plus tard, elle sortit et demanda à maman où était tonton. Dans la chambre d'amis. Elle voulait lui faire une surprise. Elle décida de rentrer très vite dans la chambre. Comme elle l'avait vu dans les films. C'est comme ça que faisaient les messieurs de la police. Mais, quelque chose la stoppa dans son élan. Il y avait des sacs blancs bizarres sur le lit. Un peu comme les sacs de farine que sa maman achetait au magasin. Mais, pas exactement. Elle se rappelait les sacs blancs. Les sacs blancs et c'est tout. Puis, le blanc de l'hôpital, les lumières blanches, les lits blancs. Une balle dans l'abdomen à 10 ans, ça ne fait pas du bien. Le pistolet de tonton, il était pas en plastique. C'est que sa maman lui a expliqué et elle lui a dit d'autres choses mais elle a pas tout compris. Elle a dit que ce que tonton avait fait, c'était quelque chose de très mal et que papa et tonton Federico l'ont puni mais qu'elle pourrait plus le voir maintenant. Elle ne savait pas pourquoi, elle dit à sa maman qu'il n'avait pas fait exprès, qu'elle lui pardonnait. Sa maman la regarda alors avec cet air que prennent les adultes quand ils sont contents que les enfants ne comprennent pas tout finalement. Un air compatissant, plein d'amour.
12 Octobre 1989Lilia avait grandi. Le flingue qu'elle avait dans les mains, il n'était plus en plastique. Son père l'avait pris entre quatre yeux peu avant ses 15 ans. Il était temps maintenant qu'elle comprenne. Elle n'était plus un enfant. Elle ne pouvait plus se voiler la face devant les occupations plus que douteuses de sa famille. D'ailleurs, elle avait finalement compris que le terme "famille" ne désignait pas seulement les gens de son sang ici. Et aussi, elle savait pourquoi elle ne pouvait plus voir Tonton Gilliano, c'était pareil pour Cousin Ugo. Ils étaient enterrés au cimetière entre les tombes d'autres gens de la famille. Elle ne tenait pas à savoir comment ils y étaient arrivés. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'y penser. Les absences et les réunions de son père lui semblaient de plus en plus suspectes. Elle se faufilait parfois pour entendre quelques bribes de conversation. Maintenant, elle comprenait parfaitement l'italien. C'est comme ça que son père a décidé qu'il était temps de lui parler. C'était son seul enfant, il n'aurait jamais le fils qu'il espérait. Alors, il devait faire avec. Il n'allait bientôt plus être assez vigoureux pour défendre ses intérêts et il fallait qu'il lui transmette ce qu'il savait avant que sa tête de vieux usé ne tombe.
"- Lilia, je sais que tu écoutais. Ne me mens pas. Dis-moi ce que tu as entendu.La jeune fille sentit le rouge monter à ses joues. Elle s'emmêla dans ses mots lorsqu'elle répondit à son père, essayant d'échapper à son emprise.
- Rien, rien d'important. Quelque chose sur une fusillade, c'est tout. Je le jure.Elle s'attendait à reçevoir une gifle ou pire mais son père lui lâcha le bras et la regarda droit dans les yeux avec cet air très calme et froid.
- Ne te braque pas, Lilia. Je devrais te punir mais je ne le ferais pas. Tu as le droit de savoir, maintenant."Et elle sut tout, tout sur ce que représentait sa famille, ici, à San Diego. Leurs activités. Leur business. Pourquoi il y avait toujours des personnes à la maison. Pourquoi elle devait quasiment se cacher pour sortir. Pourquoi certaines personnes changeaient de trottoir en les voyant. Elle s'y était tellement attendu mais elle ne put quand même s'empêcher de ressentir un choc énorme. Comme être frappé lorsqu'on ne s'y attend pas. Elle était partagée. Entre dégoût et fierté. Elle décida de prendre sur elle. Son père devait être satisfait. Elle accepta l'arme qu'il lui offra. Il disait que c'était pour sa sécurité. Que tout le monde en avait dans la famille. Elle ne pouvait que le croire. Et maintenant, les mois avaient passé et elle avait complètement accepté l'idée. Sa vie n'avait pas tellement changé pourtant mais son père ne se cachait plus maintenant. Elle savait tout et elle ne pouvait rien faire contre cela bien qu'elle sentait déjà la révolte monter en elle.