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 Lilia Villagio

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Lilia Villagio



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MessageSujet: Lilia Villagio   Sam 2 Fév - 18:49

Etat Civil :

Nom : Villagio
Prénom(s) : Lilia
Surnom(s) : La Mante Religieuse, La Tigresse et autres noms d'oiseaux qu'elle affectionne tout particulièrement dans l'intimité
Âge : 34 ans
Sexe : Féminin

Signalement :

Physique global : (Type : Caucasien)
Lilia porte en elle les traits typiques de l'italienne. Des yeux noirs au regard intense et très provocateur soulignés par des sourcils au dessin rigoureux, un petit nez pointu qui se fronce lorsqu'elle est en colère et une bouche à la fois discrète et pulpeuse donnent à son visage tout son caractère qui se veut très fort. Pour accentuer ce trait-là, elle aime à porter les cheveux courts, légèrement en bataille, une mèche rebelle tombant sur son visage comme si elle sortait du lit d'un quelconque amant. Elle tient également à mettre en valeur son corps de femme mûre qui a pourtant gardé la fraîcheur de ses 20 ans. De taille moyenne, un petit mètre 70 même si elle se grandit toujours d'au moins 7 ou 8 cm, elle a un corps sculpté tout en rondeurs bien placés qui a convaincu plus d'un homme. Son visage pourtant montre bien sa trentaine avec des traits assez marqués, notamment par la drogue, l'alcool et la fatigue mais elle le dissimule habilement sous le maquillage qu'elle applique toujours exagérément, soulignant ses yeux de beaucoup de noir et sa bouche d'un rouge intense.

Vêtements :
Lilia a toujours eu un goût pour la provocation à l'extrême et une passion complètement assumée pour le fétichisme. Il n'est donc pas rare de la voir porter corsets et bustiers comme d'autres portent des t-shirts. Passionné par le cuir, elle porte le plus souvent des cuissardes ou alors, des talons aiguilles très hauts pour accompagner ses jupes très courtes, shorts moulants et autres combinaisons. Il lui arrive également très souvent de ne porter que sa lingerie sous un manteau en cuir ou en fourrure. Rayon lingerie, elle s'y connait, elle a porté et porte tout ce qu'il y a de plus glauque en matière de sous-vêtements. Les culottes en coton et les soutiens-gorges bien sages, très peu pour elle. Pour une question pratique, elle ne porte quasiment jamais de bijoux si ce n'est un collier qui, à la base, n'est pas destiné à cet usage.

Signe(s) particulier(s) : Deux tatouages : un code-barre dans le cou et une fléche vers le bas dans le bas du dos

Dossiers Psychiatriques :

Qualités :
Des qualités ? Hum, ça devrait pouvoir se trouver mais bien enfouies alors. Certes, ce n'est pas une gentille fille mais elle peut peut-être plaider des circonstances atténuantes. C'est vrai, après tout, elle n'a jamais rien fait que ce qui lui semblait juste et même si son sens de la justice laisse parfois à désirer, elle n'en reste pas néammoins fidèle à ses principes, une qualité assez rare chez une ex-prostituée, il faut bien le dire. Fidèle également aux personnes qui l'ont un jour aidé, elle tient à leur rendre la pareille si ils sont dans le pétrin à un moment ou à un autre et elle est prête à tout pour les rares personnes auxquelles elle a accordé sa confiance. Elle sait aussi se montrer très discrète et ne pas trop l'ouvrir lorsqu'il le faut, ce qui lui a valu d'échapper plusieurs fois à des problèmes. Et, contrairement à l'image qu'elle donne d'elle, c'est une femme très cultivée qui, une fois seule, ne se refuse pas un bon roman ou un instant de mélomanie.

Défauts :
Le meilleur pour la fin, au moins, il y a beaucoup de choses à dire ici. Le fort caractère de Lilia lui a valu de nombreux problèmes mais il fait néammoins partie d'elle. Un tempérament de feu qui la rend très impulsive et prompte aux pulsions colériques et violentes. Elle est impitoyable et beaucoup regrettent de s'en être fait une ennemie parce qu'avec Lilia, pas de concessions possibles. Une fois qu'on est dans sa liste noire, on en ressort que les pieds devant. La mort des gens ne lui a jamais fait ni chaud ni froid d'ailleurs, si elle n'est pas de son fait, elle peut à la rigueur y trouver un certain soulagement si elle voulait être débarassée de cette personne mais sinon, il n'en résulte qu'un certain plaisir sadique qui est plus d'ailleurs du côté de la violence que de la mise à mort. Elle est également très instable psychologiquement ce qui lui vaut de ne pas se rendre compte de ses actes ou d'avoir des réactions très innatendues qu'elle ne contrôle pas.

Craintes :
Sa plus grande crainte, c'est son passé, elle a peur plus que tout qu'il la rattrape. Mais, elle a également ironiquement peur de vieillir et fait tout pour retarder ce moment.

Troubles psychiques et/ou psychologiques :
Déviance sexuelle aggravée, j'imagine que j'ai pas besoin de vous faire un dessin, en gros, elle couche avec tout ce qui bouge, hommes, femmes, enfants ... et a des habitudes qui, normalement, se soignent chez un bon psychiatre. Ajoutez à cela des insomnies récurrentes, une paranoïa hors du commun et une forte tendance aux psychoses et à la violence.

Goûts : bourgeois, elle n'a pas un goût particulier pour l'argent mais ne supporterait pas d'être pauvre tout de même.


Métier : Après la prostitution, Lilia passe de l'autre côté du miroir, appellez-la maquerelle maintenant.

Historique :

27 Juillet 1974

Une soirée brûlante d'été. Une soirée comme les autres ici. Mais, pas pour tout le monde. Dans la salle de travail de l'hôpital de San Diego, des cris résonnent. C'est Madame Villagio, la femme d'une des familles puissantes de la mafia sicilienne qui s'est implanté depuis quelques dizaines d'années dans cette ville. A l'hôpital, tout le monde le sait. Ils n'ont pas le droit à l'erreur. Sous les imperméables immaculés des hommes de la famille, ne se cachent pas que des porte-feuilles. D'ailleurs, qui d'autre mettrait un imperméable en plein mois de juillet ? Peu à peu, l'on n'entend plus de bruit. Que l'affollement des infirmières. Et puis, des cris. D'autres cris. Ceux d'un enfant qui vient de naître. Lilia, elle s'appelle Lilia, dit le père en entrant brusquement dans la pièce, couvrant de sa voix grave les cris de l'enfant qui se calment. Une petite tête brune dépasse du drap. C'est celle d'une petite fille. Collée contre sa mère, elle scrute de ses yeux aveugles et de ses petites mains frippées, ce nouveau monde qui s'ouvre à elle. De toute son innocence, elle l'apaise et médecins et infirmières oublient un instant les flingues. Les hommes en blanc se mêlent aux hommes en noir. Rien qu'un instant. L'innocence ici ne dure qu'un temps.

4 Mars 1980

De ce qu'elle se rappelle, Lilia a le plus clair souvenir de l'année de ces 5 ans. C'est à ce moment-là qu'elle peut enfin remettre en ordre ce qui s'embrouillait plus tôt dans sa tête. Elle se souvient de la maison, la grande maison avec son beau jardin. Et puis, la famille, elle avait beaucoup de famille. Ils venaient souvent à la maison et s'enfermaient pour parler avec son papa dans une pièce dans laquelle elle ne pouvait jamais rentrer. Le bureau de papa. Il y avait Tonton Federico, Tonton Gilliano, Tonton Vincente, Cousin Ugo et Cousin Romano. C'était eux qui venaient le plus souvent avec leurs femmes et leurs enfants, parfois. Tout le monde était très gentil avec Lilia, ils lui offraient des cadeaux à chaque fois. Elle jouait avec les jeunes enfants ou restait sur les genoux de sa mère à l'écouter parler en italien avec ses tantes. Elle ne savait pas parler italien, pas encore. Papa préfèrait qu'elle parle bien anglais d'abord. Mais, elle comprenait quand même certains mots et elle savait que si ils parlaient italiens, c'était parce qu'ils ne voulaient pas qu'elle sache ce qu'ils disent. Mais, elle avait entendu certaines choses. A propos de "la prison" ou "la mort". Maman lui avait un peu expliqué mais elle n'avait pas tout compris. Elle lui disait qu'elle était trop petite pour ça. Alors, elle ne se posa pas plus de questions. C'était une période très paisible, très heureuse. Pourtant, elle avait l'impression que ça n'allait pas durer. On ne peut pas être toujours heureux même si on le veut, disait maman. Elle avait raison.

28 Juillet 1984

C'était le lendemain de ses 10 ans. Elle avait reçu pleins de cadeaux et s'amusait avec dans la maison. Son préféré, c'était le cadeau de Tonton Gilliano. Un pistolet en plastique. Il faisait un vrai bruit comme dans les films. Elle s'amusait à tirer sur son papa lorsqu'il sortait de son bureau. Il faisait semblant d'être mort. Elle savait ce que ça voulait dire maintenant. Mais là, c'était pour de faux. Tonton Gilliano était revenu aujourd'hui justement. Il lui avait à peine dit bonjour. Il semblait très pressé et en colère. Il l'envoya dans sa chambre quand elle lui tira dessus. Elle n'était pas très contente mais elle ne lui demanda rien de plus. Pourtant, quelques temps plus tard, elle sortit et demanda à maman où était tonton. Dans la chambre d'amis. Elle voulait lui faire une surprise. Elle décida de rentrer très vite dans la chambre. Comme elle l'avait vu dans les films. C'est comme ça que faisaient les messieurs de la police. Mais, quelque chose la stoppa dans son élan. Il y avait des sacs blancs bizarres sur le lit. Un peu comme les sacs de farine que sa maman achetait au magasin. Mais, pas exactement. Elle se rappelait les sacs blancs. Les sacs blancs et c'est tout. Puis, le blanc de l'hôpital, les lumières blanches, les lits blancs. Une balle dans l'abdomen à 10 ans, ça ne fait pas du bien. Le pistolet de tonton, il était pas en plastique. C'est que sa maman lui a expliqué et elle lui a dit d'autres choses mais elle a pas tout compris. Elle a dit que ce que tonton avait fait, c'était quelque chose de très mal et que papa et tonton Federico l'ont puni mais qu'elle pourrait plus le voir maintenant. Elle ne savait pas pourquoi, elle dit à sa maman qu'il n'avait pas fait exprès, qu'elle lui pardonnait. Sa maman la regarda alors avec cet air que prennent les adultes quand ils sont contents que les enfants ne comprennent pas tout finalement. Un air compatissant, plein d'amour.

12 Octobre 1989

Lilia avait grandi. Le flingue qu'elle avait dans les mains, il n'était plus en plastique. Son père l'avait pris entre quatre yeux peu avant ses 15 ans. Il était temps maintenant qu'elle comprenne. Elle n'était plus un enfant. Elle ne pouvait plus se voiler la face devant les occupations plus que douteuses de sa famille. D'ailleurs, elle avait finalement compris que le terme "famille" ne désignait pas seulement les gens de son sang ici. Et aussi, elle savait pourquoi elle ne pouvait plus voir Tonton Gilliano, c'était pareil pour Cousin Ugo. Ils étaient enterrés au cimetière entre les tombes d'autres gens de la famille. Elle ne tenait pas à savoir comment ils y étaient arrivés. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'y penser. Les absences et les réunions de son père lui semblaient de plus en plus suspectes. Elle se faufilait parfois pour entendre quelques bribes de conversation. Maintenant, elle comprenait parfaitement l'italien. C'est comme ça que son père a décidé qu'il était temps de lui parler. C'était son seul enfant, il n'aurait jamais le fils qu'il espérait. Alors, il devait faire avec. Il n'allait bientôt plus être assez vigoureux pour défendre ses intérêts et il fallait qu'il lui transmette ce qu'il savait avant que sa tête de vieux usé ne tombe.
"- Lilia, je sais que tu écoutais. Ne me mens pas. Dis-moi ce que tu as entendu.
La jeune fille sentit le rouge monter à ses joues. Elle s'emmêla dans ses mots lorsqu'elle répondit à son père, essayant d'échapper à son emprise.
- Rien, rien d'important. Quelque chose sur une fusillade, c'est tout. Je le jure.
Elle s'attendait à reçevoir une gifle ou pire mais son père lui lâcha le bras et la regarda droit dans les yeux avec cet air très calme et froid.
- Ne te braque pas, Lilia. Je devrais te punir mais je ne le ferais pas. Tu as le droit de savoir, maintenant."
Et elle sut tout, tout sur ce que représentait sa famille, ici, à San Diego. Leurs activités. Leur business. Pourquoi il y avait toujours des personnes à la maison. Pourquoi elle devait quasiment se cacher pour sortir. Pourquoi certaines personnes changeaient de trottoir en les voyant. Elle s'y était tellement attendu mais elle ne put quand même s'empêcher de ressentir un choc énorme. Comme être frappé lorsqu'on ne s'y attend pas. Elle était partagée. Entre dégoût et fierté. Elle décida de prendre sur elle. Son père devait être satisfait. Elle accepta l'arme qu'il lui offra. Il disait que c'était pour sa sécurité. Que tout le monde en avait dans la famille. Elle ne pouvait que le croire. Et maintenant, les mois avaient passé et elle avait complètement accepté l'idée. Sa vie n'avait pas tellement changé pourtant mais son père ne se cachait plus maintenant. Elle savait tout et elle ne pouvait rien faire contre cela bien qu'elle sentait déjà la révolte monter en elle.


Dernière édition par le Dim 3 Fév - 11:05, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Lilia Villagio   Sam 2 Fév - 18:50

26 Février 1992

Quelques années étaient passé entre ce que lui avait dit son père et le jour où elle ressentit vraiment l'impact de ces mots. Les échos qu'elle reçevait de la famille lui faisaient comprendre que les tensions s'accentuaient et que la vie ne serait plus la même désormais. Son père essayait pourtant de la maintenir hors de tout ça mais ce fut bientôt trop tard. Ce jour-là, le 26 Février, elle n'eut pas temps de toucher au plat sur la table quand des détonations se firent entendre dans le jardin. Son père, vivement, l'envoya se cacher avec sa mère dans la cave. Elle y seraient à l'abri. Elle traversa le salon aussi vite qu'elle put. Jamais elle n'avait courru aussi vite. La dernière vision qu'elle eut avant de plonger derrière la porte menant au sous-sol était celle de la porte d'entrée criblée de balles. Elle atteint la cave hors d'haleine mais loin des bruits. Dans le silence. Le silence le plus total. C'est à ce moment qu'elle s'alerta. Sa mère. Elle était juste derrière elle. Mais, maintenant, elle ne la voyait plus. Il fallait qu'elle y retourne. Il fallait qu'elle retrouve sa mère. Son père l'en avait formellement interdit mais elle ne pouvait pas la laisser là-haut. Elle franchit l'escalier quatre à quatre et sortit brusquement du sous-sol. Elle n'eut qu'une vision très furtive de la scène avant d'y entrer à nouveau sous les balles. Sa mère, étendue sur le sol à quelques mètres de la sortie salvatrice. Elle ne pouvait plus rien pour elle. Elle devait attendre maintenant. La tête dans les bras, ses larmes coulaient silencieuses sur ses genoux. Tellement de temps semblait avoir passé lorsqu'elle releva la tête. Quasiment une éternité. Elle ouvrit la porte verrouillée. Personne n'avait tenté d'entrer ici. Ils avaient trouvé ce qu'ils cherchaient. Et Lilia n'osait pas se demander ce que c'était. Elle consentit pourtant à sortir finalement. Ce qu'elle trouva alors lui souleva le coeur. Ce n'était pas sa maison. Elle n'habitait pas ici. Ce n'était pas son père et sa mère étendus sans vie sur le sol. Elle ne pouvait pas le croire. Machinalement, elle alla récupérer son flingue et le serra de toutes ces dernières forces en traversant la maison, le regard dans le vague. Comme un fantôme. Mais, dès qu'elle fut dehors, les sirènes de police la ramenèrent à la réalité. Il fallait qu'elle s'en aille et vite. Elle courut encore et s'arrêta en dépassant la voiture de son père. Après tout, qu'est-ce que ça pouvait faire maintenant ? Il ne pouvait pas lui arriver plus d'ennuis. C'était impossible. Elle l'avait déjà conduite à la campagne, elle n'aurait aucun mal à le refaire. Elle retourna dans la maison, toujours en courant, et trouva les clés à leur place habituelle. Elle espérait pouvoir aller jusqu'à la voiture avant que les flics ne débarquent. Elle pouvait le faire. Elle était jeune et une espèce d'instinct la poussait à courir comme elle n'avait jamais courru. Elle appuya sur la pédale de l'accélérateur lorsque les voitures apparurent au bout de la rue, scellant de ce fait son destin dans la fuite et la délinquance.

4 Août 1997

Lilia était maintenant adulte. Une belle plante de 23 ans. Dans sa fuite, elle avait retrouvé cette personne qui venait rarement chez son père mais qui la regardait toujours avec ce qu'elle avait fini par associer en grandissant avec du désir. Le désir pervers d'un vieil homme pour une jeune adolescente. Si elle avait eu le choix, elle aurait préféré l'éviter mais il fallait qu'elle trouve un endroit où dormir. Il l'accueillit avec ce sourire qu'elle connaissait si bien. Ce sourire très angoissant. Comme celui d'un père pour sa fille mais pas avec la même connotation. Ce n'était pas l'amour qui l'animait. Son regard se balada sur son corps finement caché dans une robe noire, essayant de deviner les seins pointant sous le tissu, la taille fine, les hanches marquées et les fesses bombées de jeune fille qui se transforme. Il pensait qu'il y avait fort à faire avec elle. Il avait beaucoup de respect pour Villagio mais, maintenant, il ne pouvait plus rien faire d'où il était. Paix à son âme. Lilia devina rapidement qu'elle n'obtiendrait ce qu'elle veut que contre d'autres services d'une nature toute particulière. Elle sentait qu'elle aurait peut-être dû prendre ses jambes à son cou dès le premier jour mais elle choisit la facilité et accepta de suivre cet homme qu'elle n'appellerait plus que Dad maintenant. Il affirmait être le père adoptif de toutes ses filles. Un père de remplacement. Un drôle de père selon Lilia. Son fort caractère créa des étincelles dès le départ. Elle ne voulait pas se résoudre à travailler dans un bordel. Elle n'avait pas été élevée pour finir comme ça. Mais c'était ça ou la rue. Voir pire. Dad ne semblait pas très enclin à accepter le départ d'une de ses filles. L'une d'elles, Mary, qui, se souvenait Lilia, pleurait quasiment tous les soirs, disparut sans explication un jour et elle comprit qu'il en serait de même pour elle si il lui arrivait de faire un pas de travers. Elle rentra alors dans le rang et son esprit fut peu à peu perverti par son environnement. On ne lui avait pas fait de cadeaux et elle avait décidé de ne pas en faire non plus. Et puis, maintenant que sa vie était ce qu'elle était, elle devait l'accepter et devint presque heureuse de travailler. Bien sûr, il y avait des hauts et des bas mais ce n'était pas si difficile même assez facile. Ses revenus étaient bien supérieurs à ce qu'elle aurait pu se permettre si elle avait eu une honnête vie. A chaque fin de semaine, elle en reversait une partie à Dad bien sûr mais si elle était gentille avec lui, elle payait moins que les autres. Il l'avait toujours préféré mais lui la dégoûtait. Elle savait qu'elle avait un potentiel amplement plus important que pour un petit bordel de quartier. Ca lui trottait dans la tête depuis un moment. Elle en avait marre d'ouvrir les jambes toutes les demi-heures pour des vieux à moitié séniles ou des junkies qui avaient à peine de quoi se payer à manger. Il fallait que ça change. C'est un jour d'été très chaud qu'elle ferma pour de bon sa valise et sortit pour de bon de cet endroit où elle avait vécu 5 ans durant. Elle entendait encore les menaces et les insultes de Dad. Elle ne pouvait pas encore réaliser ce qu'elle avait fait. D'un calme olympien, sans proférer la moindre réponse aux aggressions qui lui étaient faites, elle sortit cette arme dont lui avait fait cadeau son père et appuya sur la détente. Sans la moindre hésitation. Elle voyait encore Dad tomber sur le sol, une expression de surprise et de terreur sur son visage. L'horreur qu'elle ressentit à ce moment se transforma vite en apaisement même si elle dût de nouveau se résoudre à fuir.

5 Juillet 2002

Avec sa fuite, beaucoup de choses ont changé. Comme la première fois, elle changea radicalement de vie mais cette fois, elle en fit le choix. Troquant mini-jupes en jean contre des en cuir, t-shirts troués remplacés par des corsets enserrant sa poitrine généreuse et tongs mis au placard au profit des talons aiguilles, c'est une nouvelle Lilia qui se présenta dans les différentes villes dans lesquelles elle mit les pieds avant de s'installer finalement à Phoenix. Equipée d'un ciseau, elle coupa aussi radicalement sa longue chevelure d'ébène. Elle se sentait tout autre à ce moment-là et même si tout cet attirail lui semblait un déguisement au départ, elle s'y fit vite et s'y sentit tout à son aise. Elle avait trouvé sans problème un travail dans une boîte de nuit un peu spéciale réservée à une clientèle de mauvais réputation mais qui n'hésitait pas à mettre le prix pour une fille. Le nom de Lilia fit rapidement le tour des lèvres des clients, ils faisaient monter les prix pour pouvoir espérer passer la nuit avec elle. Outre son physique désirable, on disait qu'elle était prête à tout et qu'elle ne refusait aucun caprice de ces messieurs. Mais, ils durent rapidement se rendre à l'évidence que la fille parfaite pour une longue nuit torride n'existait pas et que derrière ce qu'on disait, il y avait une réalité tout autre. Lilia avait beau avoir un goût très prononcé pour le sexe dans toutes ses déviances, elle n'en avait pas moins conservé son très fort caractère et de nombreux problèmes survinrent avec des clients. Francis, le gérant, passa plusieurs fois l'éponge sur ces petits différends mais leur ampleur augmenta et ce Vendredi 5 Juillet, il explosa. Une clope au bec et un verre de vodka à la main, Lilia regarda Francis ressortir de la pièce en trombe gueulant comme un putois. Il lui saisit le bras et s'écria :
"Le troisième ce mois-ci, le troisième !"
Elle réfléchit. Ah oui, cela faisait déjà trois. Le temps passait vite.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait cette fois ?
Lilia retira son bras de la poigne de Francis avec un regard noir et écrasa sa cigarette.
- Il m'a mis une claque.
Les sourcils expressifs du gérant se relevèrent de surprise et d'incompréhension.
- Et alors ? Ca ne te ...
Lilia le coupa net en posant violemment son verre sur la table, en renversant la moitié à côté. Elle tremblait de colère. Pointant sa joue, elle hurla :
- J'ai une marque ! Une putain de marque ! Ils peuvent bien me faire ce qu'ils veulent mais pas laisser de marques ! Comment je fais, moi, pour ameuter le client avec la gueule à moitié défoncée ? Hein, comment ? Ils me veulent nickel pas avec une marque sur la tronche !
Francis recula de deux pas pour prévenir quelque mouvement violent de Lilia. Il tendit une main en signe de paix.
- Calme-toi, calme-toi. Je sais, c'était pas cool ... mais c'était pas une raison pour lui plomber le bide ! Les autres mecs commençent à savoir ce qui se passe ici, ils vont finir par plus vouloir venir. Tu sais comment ils t'appellent ? La mante religieuse. Tu les baises et après, tu les butes. C'est de ça que tu veux qu'on se souvienne en parlant de toi ?
Lilia eut un petit rire. La mante religieuse. C'était plutôt sympa comme surnom.
- Ca me convient assez bien, en effet.
Francis passa sa main dans ses cheveux comme à chaque fois qu'il était énervé.
- Très bien, très très bien. Alors, tu comprends que je ne peux pas continuer avec toi, tu me rapportes beaucoup de fric mais tu vas faire fuir ma clientèle.
Lilia se leva et marcha en direction de l'escalier, lançant un dernier regard à Francis.
- Comme tu veux, chef. Mais, tu vas le regretter."
La prochaine fois qu'elle croisera ces yeux, ils auront la lueur aveugle des yeux d'un mort. Une mort qui lui apporterait encore sa dose d'ennui. Mais, il fallait qu'il sache qu'on ne vire pas Lilia Villagio comme ça.

10 Décembre 2007

Ca ne fera que la troisième fois que Lilia est de nouveau destiné à fuir, après tout. Mais cette fois, la dimension de son dernier coup de sang n'était pas la même. Francis était quelqu'un de connu à Phoenix et de respecté par de nombreux gangsters. Il était même très proche de certains. La vie n'était donc plus sûre ici et sûrement dans toute l'Arizona pour Lilia. Elle savait qu'il lui restait très peu de temps pour partir dans la plus grande discrétion. Armée au besoin, c'est au volant d'une voiture volée - ne demandez pas ce qu'elle a fait du conducteur - qu'elle s'enfuit de Phoenix. Errant dans divers bleds paumés, elle se cacha jusqu'à ne plus avoir d'échos des personnes qu'elle savait susceptibles de la rechercher. Elle savait quoi faire dans ces cas-là. Elle se souvenait des conseils de son père. Elle prit un nom d'emprunt : Roxanne Lohman et changea de nombreuses fois de destinations. Les mois passèrent puis les années. Elle savait qu'il n'y avait pas la moindre chance pour qu'on la recherche encore mais elle commençait à prendre goût dans ce mode de vie. Connue de personne, changeant de vie comme elle le voulait, c'était l'idéal pour elle. Mais, le manque d'argent vint lui faire comprendre qu'elle ne pourrait pas vivre comme ça indéfiniment. Elle décida donc de prendre la route vers le Sud pour rejoindre sa Californie natale. C'est sur le chemin qu'elle rencontra une figure qu'elle n'eut aucun mal à reconnaître malgré les années. Tonton Federico. Elle hésita à sa vue. Pourquoi n'était-il pas mort comme les autres ? Et elle n'était pas sûre d'avoir envie de renouer avec son passé. Il représentait tout ce qu'elle s'était évertué à fuir. Que dirait-il en la voyant comme ça ? Elle pouvait passer en faisant semblant de ne pas l'avoir vu. Jamais il ne la reconnaîtrait. Elle ne sait pas alors ce qui la poussa à appuyer sur la pédale de freins mais, elle le fit. Son oncle eut un long moment de réfléxion lorsqu'elle lui annonca de but en blanc qui elle était puis il lui sauta au cou avec une grande affection proférant diverses paroles au sujet de ses parents. Une véritable tragédie. Il y a si longtemps. On la croyait morte. Il accepta de faire un bout de chemin en voiture avec elle et elle lui expliqua sa situation. Du moins, ce qu'elle voulait lui en expliquer. Elle cherchait un endroit où aller. Un endroit où elle pourrait ne pas avoir peur, sans avoir à se cacher. Son oncle eut quelques réticences. Il tenait tant à la ramener avec lui mais il lui lâcha finalement un nom. Depracity.


Dernière édition par le Dim 3 Fév - 11:05, édité 1 fois
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Depracity



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MessageSujet: Re: Lilia Villagio   Sam 2 Fév - 22:48

Très bon background, validée!

Les détails (salaires etc) vont être discutéS au niveau de l'administration et la décision te sera vite communiquée.

Bon jeu.
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Lilia Villagio



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MessageSujet: Re: Lilia Villagio   Dim 3 Fév - 11:04

D'accord, d'accord, merci Wink .
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Depracity



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MessageSujet: Re: Lilia Villagio   Dim 3 Fév - 11:54

Alors, salaire de 20$/quinzaine (minimum social - goûts bourgeois) jusqu'à ce que tu te trouves un job. Compte en banque dispo ici.

Encore une fois, bon jeu !
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Lilia Villagio

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