Etat Civil :-Nom : Van Evenheim
-Prénom(s) : Valentin Jan Peter
-Surnom(s) : Ses prochent l'appellent Heilig Peter (
Saint Pierre en néerlandais, dû à sa fervente appartenance au catholicisme)
-Âge : 43 ans
-Sexe : Masculin
Signalement :-Physique global : De type caucasien, mesurant environ 1m76 pour 67 kilos, Valentin est bardé d'une musculature assez saillante, particulièrement au-dessus de la ceinture. Ses cheveux sont clairs et toujours assez longs, peignés vers l'arrière. Il a des yeux noirs surmontés par des sourcils épais. En règle générale, il regarde les gens comme s'ils étaient tous des abrutis irrécupérables (pour rester poli ; le terme exact serait plutôt "connards finis") bien qu'il ne s'estime jamais supérieur à qui que ce soit.
-Vêtements : Valentin porte très souvent un blazer sombre, par-dessus une chemise blanche sur laquelle pend une cravate gris-sombre. Un jean ou un pantalon noir est retenu par une ceinture de cuir. La plupart du temps, quand il ne doit pas rencontrer de personnalité importante, son blazer est ouvert et sa cravate mal serrée. Mais ça lui arrive, pendant une opération, par exemple, de mettre un polo noir à col roulé sous une veste de cuir.
-Signe(s) particulier(s) : Il porte un tatouage représentant une croix cathare sur son épaule droite — ce qui pourrait être en contradiction avec sa religion, mais il n'est pas un fanatique et reconnait les multiples erreurs de l'Église. Au-dessus de sa hanche gauche, une marque sur sa peau témoigne de l'opération qui lui a extrait une balle du corps pendant son service en Albanie.
-Dossiers Psychiatriques :Qualités : Valentin est du bon côté de la loi, bien qu'il prenne souvent des risques par rapport à elle. Il est loyal et respecte ses engagements. De plus, c'est un homme cultivé et plein de principes ; il a horreur qu'on s'en prenne aux plus faibles. Sa religion, bien qu'il conteste l'autorité du pape et les entreprises vaticanes, l'a rendu très humain — ce qui ne l'empêche pas d'être intransigeant, voire impitoyable, envers les criminels. Il tire assez bien et est plutôt bon au corps-à-corps.
Défauts : Il est enclin à la dépression, et ne se fait plus d'illusions. D'un autre côté, son humanisme ne s'applique qu'aux gens qu'il rencontre : ce qu'il lit dans la presse contribue chaque jour à le rendre de plus en plus misanthrope. Il hait profondément les personnalités politiques et du show-biz autant que celles du commerce international, à qui il reproche d'être la base de la décadence humaine. Ensuite, il se fatigue vite ; il ne peut pas tenir un effort physique trop longtemps.
Craintes : La Mort en général ne l'impressionne pas plus que ça, sauf s'il s'agit de périr noyé ou dans les flammes.
Troubles psychiques et/ou psychologiques (éventuellement, traitement suivi) : Ses dépressions l'entraînent à consommer régulièrement toutes sortes d'antidépresseurs et risquent de le pousser à l'imprudence et à l'erreur professionnelle ("bévue" judiciaire, meurtre, ce genre de choses).
Goûts : Médiocres. Bien qu'il se permette une petite folie de temps en temps, il ne voit pas l'intérêt de dépenser beaucoup pour ce qu'on trouve à des prix raisonnables et apprécie peu les gens qui aiment les signes extérieurs de richesse.
Métier : Capitaine de la Police
Historique :Valentin est né en 1969 à Schiedam, aux Pays-Bas. Son père, descendant d'une vieille famille hollandaise ruinée, était un petit avocat et sa mère une femme de ménage dans une école primaire. La famille vivait modestement tandis que le petit Valentin grandissait. Vers l'âge de huit ans, il se découvrit une passion pour les histoires de policiers et de voleurs, ce qui était devenu son jeu préféré avec ses camarades de classe. Pendant son adolescence, il avala romans policiers et films criminels à la pelle, ce qui convenait parfaitement à ses parents puisqu'il respectait la loi de lui-même. Mais ce qui le convainc tout à fait que sa vie se déroulerait avec une plaque de flic devait être un événement qui bouleversa son existence : six jours avant ses seize ans, son père fut torturé et assassiné par des jeunes délinquants dont l'un des complices venait d'être condamné à quinze ans ferme. L'avocat de l'accusation était le père de Valentin, et il fut retrouvé au matin, dans une forêt de Dordrecht, à 30 kilomètres de Schiedam, avec les deux mains coupées, les yeux crevés et les les parties génitales dans la bouche.
Ce meurtre sordide révolta Valentin autant qu'il changea sa personnalité : autrefois ouvert et bon vivant, il devint réservé et lunatique, en échec scolaire et mystérieux, et abandonna la lecture et le cinéma. Son état aurait pu empirer s'il n'avait pas croisé le père Balkenende en 1987 ; rencontre particulière puisque ce catholique de cinquante-neuf ans était en train de se faire agresser par deux camés en sortant du métro. Cette agression fut un déclic pour Valentin, qui pendant deux ans, n'avait pas été témoin d'une scène de violence. Il sentit son cœur se soulever, rossa gentiment les deux drogués et conduisit le prêtre jusqu'à son église. Cet événement lui avait subitement rendu l'envie de vivre, avec le réveil de son sentiment de révolte face à la violence depuis longtemps enfoui au plus profond de lui-même.
Le père Balkenende et lui se revirent très souvent depuis. Celui-ci n'avait pas eu la prétention de vouloir lui enseigner le catholicisme, mais Valentin commença de son gré à le questionner sur la foi, la parole de Jésus, les valeurs chrétiennes... C'est ainsi que le père l'initia à sa religion. D'abord lentement, puis de plus en plus régulièrement. Valentin lut les Saintes Écritures, commença à aller à la messe, à prier... Sa fréquentation de Balkenende inquiétait sa mère, qui allait de petit boulot en petit boulot depuis la Mort de son mari pour survivre. Mais après quelques semaines, elle fut forcée de constater que le religieux avait offert à son fils le soutien et la foi dont il avait besoin pour se remettre debout. C'est à cette époque qu'il repassa ses examens et qu'il les remporta avec de magnifiques mentions, qu'il reprit contact avec ses anciens amis, qu'il se mit à sortir le soir... Le père Balkenende attachait une grande importance à son enseignement — religieux comme laïc — mais tenait surtout à ce qu'il prenne du recul par rapport au catholicisme actuel. Lui-même contre l'autorité du Vatican, il fit étudier à Valentin des cas contradictoires qui survinrent dans l'Histoire : les Croisades, les persécutions des jansénistes et des protestants, la reconnaissance par l'Église du régime nazi... Le jeune Van Evenheim fut particulièrement intéressé par le génocide cathare, qu'il étudia en profondeur. Il se mit à admirer les Albigeois et en fit son exemple de la liberté d'opinion et de la résistance à l'oppression. Pour ne pas oublier les graves erreurs de son Église, il se fit tatouer, avec l'approbation du prêtre, une croix cathare sur l'épaule.
Il entreprit des études dans une grande école de police à Amsterdam à 20 ans, nourri par le combat théorique catholique contre le Mal. Il obtint son diplôme et le grade de sergent en 1991 et fut affecté à Rotterdam, où il lutta pendant plusieurs années contre les contrebandiers, la mafia qui faisait transiter sa marchandises par les ports et s'acharna à traquer les gangsters, les criminels qui étaient soupçonnés de meurtre. Son zèle et sa nomination en tant que Commissaire entraînèrent l'enlèvement de sa mère, par une bande de dealers dont il s'était fait des ennemis. Ceux-ci violèrent sa mère tour-à-tour — ils étaient neuf — jusqu'à sa mort. Entré dans une permanente furie, Valentin devint profondément amer et se mit à l'alcool, malgré les vifs efforts du père Balkenende. Déprimant de plus en plus fréquemment, Valentin fut mit à pied. C'est au cours de cette période qu'il retrouva les meurtriers de sa mère et qu'il les abattit un par un. C'était la première fois qu'il tuait des hommes ; il fut ensuite contraint à la démission et s'enferma dans un mutisme dégradant.
Passant ses journées à pleurer, à boire et à philosopher sur la misérable condition humaine, il ne voyait plus que son psychiatre et Balkenende. Ce dernier ne lui reprochait pas d'avoir fait justice de manière peu noble, compatissait et tentait par tous les moyens de lui redonner envie de vivre. Ce fut après avoir découvert le fusil subtilisé aux stocks de l'armée que Valentin cachait dans son appartement qu'il lui proposa de s'engager dans l'armée. D'abord réticent, Valentin se laissa persuader : l'attrait de l'uniforme et de la protection de son pays était le plus fort. Il intégra une unité basée à Arnheim pendant cinq ans, au cours desquels il apprit un maniement des armes plus approfondit qu'à l'école de police. Il excella dans les domaines physiques et fut remarqué par ses supérieurs. Intégré dans les forces de l'OTAN en 1997, il fut envoyé en Albanie en 1999 avec le grade d'adjudant, pour assurer la sécurité des réfugiés kosovars. Mais au cours d'une altercation à la frontière, il y eut une fusillade entre la patrouille qu'il commandait et une brigade yougoslave, au cours de laquelle il se prit une balle dans la hanche. Évacué à Tyrana, il subit une opération de plusieurs heures pour extraire la balle, opération qui laissa une profonde marque sur son corps.
Psychologiquement perturbé — ce qu'il a pu voir en Albanie s'ajoutant à ce qui l'avait bouleversé dans son passé qu'il n'avait pas réussi à extérioriser — il fut renvoyé à Amsterdam pour sa convalescence. Une fois là-bas, il apprit le décès du père Balkenende, dû à un traumatisme crânien causé par les jets de pierre de vandales sur son église. Il se promit de quitter les Pays-Bas, de plaquer sa vie, ses souvenirs et ses repères pour aller trouver une nouvelle vie, ailleurs. Dès qu'il n'eut plus besoin de sa béquille pour marcher, il s'envola pour les USA.
Définitivement blasé, il obtint la Green Card en s'engageant dans la police. Quelques jours plus tôt, il avait abandonné son idée de devenir concessionnaire automobile en lisant dans la presse la rubrique criminelle. Révolté contre la hausse du crime organisé et de la délinquance, il décida d'aller vers son Destin et ce qu'il n'aurait jamais dû laisser : la flicaille. Déterminé malgré son pessimisme obtu, il grimpa les échelons et à 38 ans, il accepta le poste de Capitaine en échange de sa mutation à Depracity. Il n'avait jamais entendu parler de cette ville en détails, mais selon lui, ça ne pouvait pas être pire qu'ailleurs. Du moins pensait-il cela à l'époque...