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 L'arrière salle

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Depracity



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MessageSujet: L'arrière salle   Lun 19 Nov - 13:43

A gauche du bar, il y a un couloir, surveillé par deux hommes en costard noir et cravatte blanche. Au fond du couloir, il y a trois portes. Celle de gauche donne sur la réserve. Celle de droite donne sur les sous-sols de la boîte, là où est stocké le matos de la mafia, là aussi où se trouve des chambres, un garage avec les véhicules, et tout le nécessaire pour faire tourner la mafia.

La porte blindée tout au bout du couloir donne sur le bureau. Quelques marches à gravir vous amènent dans une pièce plutôt confortable, avec un bureau, un siège en cuir, des étagères, deux canapés avec entre eux une table basse.

C'est le bureau du Parrain, généralement surveillé par deux ou trois hommes armés. Sans invitation, on n'entre pas.
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William J O'Sullivan
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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Sam 22 Déc - 13:34

J'expire la fumée de mon cigare. Un flingue posé sur la table basse. Beretta 93R, pas mon arme favorite, mais dans les circonstances actuelles, mieux veut pouvoir m'attraquer ses adversaires avec quelques rafales bien placées.

J'entends la porte s'ouvrir. MacCalister entre. Toujours classe, mais toujours aussi stressé. Il s'installe sur le fauteuil fasse à moi, se sert un vert de vodka et se l'enfile. Il a vraiment les boules, en ce moment. Il sait que si ça fonctionne, il est riche, mais si ça plante, il est mort. Et vu ce que j'ai fait à ceux qui m'ont lâché, il n'a pas envie de tenter sa chance
.

"Tu devrais moins picolé, Arthur, c'est mauvais en ce moment.
-ça me permet de tenir."

J'ai une grimace désaprobatrice.

"Où on en est?
-On a perdu le contrôle de la drogue, une partie des mac' noous ont lâché, il ne nous reste que cinq filles. Faudra aller à l'Arachnid's nest voir sa position à ce niveau.
-ça me rapporte combien?
-Les filles : pas grand chose. 1200$ par mois environ. A ça s'ajoute ce testament, il te lègue toutes les propriétés de ton prédécesseur. J'avais suffisement l'habitude d'imiter sa signature pour que ça ne pose pas de problèmes. De plus voici un contrat de travail qui fait de toi officiellement le "gérant" de la sécurité du Casino, pour 5000$/mois.
-Comment u veux que j'entretienne une mafia avec ça? Tu sais combien ça coûte à entretenir un groupe d'homme de main? Comment il faisait l'autre?
-Ses hommes étaient payés par le boss, tout en haut de la hiérarchie. Eux, ils se finançaient en tapant dans les caisses du casino.
-Et ben tu sais quoi, tu vas t'occuper de détourner cet argent ver mes caisses.
-ça va déclancher les hostilités. On n'a pas d'hommes pour ça.
-Si. j'ai les hommes."

Je me lève, finis mon verre de bourbon, et lui fait signe de me suivre. Dans la salle principale, il y a un mec, seul. On a pas encore ouvert, il est trop tôt... Il est de taille moyenne, baraqué, crâne rasé. Et il porte la même bague - ou presque - que moi.

"Salut John. Content de te voir.
-Salut patron. Moi aussi, je suis content d'être là, ras le cul des Chicanos et des tortillas."

Je souris. C'est vrai quune bonne bière, au Mexique, c'est dur d'en trouver. Alors un plat américain, c'est généralement compliqué. Enfin, on s'était pas trop mal démerdés.
Je le suis jusque dans la cour de la boîte, deux camionettes sombres y sont garées. Une douzaine d'hommes sont installées autour. La plupart ont le crâne plus ou moins rasé, de la barbe, un treillis, des rangeots, un manteaux de cuir. Et beaucoup portent des bagues semblablent à la mienne. Tous ne sont pas des Marines, mais la majorité ont fait l'armée. GIs, Marines, marins, paras, Cost Guards, deux pilotes d'hélico... Mes hommes, ma petite armée privée. Tous ont fait de la taule ou l'ont évité de peu. Ce sont des tueurs efficaces, entraînés, obéissants. Des hommes en qui j'ai confiance.
John Potter hurle quelques ordres, les hommes se mettent en rang. Ce n'est pas l'armée, ils ne sont pas au garde à vous, mais je les passe en revue. Pas de nouvelle tête, seulement mon groupe du Mexique.

Je vais jusqu'à la camionette pour regarder ce qu'ils ont pris comme armes. Les râteliers sont vides. Je me tourne vers John pour avoir une explication.


"La police mexicaine avait trouvé notre planque, on a réussi à se barrer, mais on ne pouvait prendre les armes. On a tout fait péter en quittant le lieu.
-Ok, vous avez bien fait. Vous avez des armes quand même?
-Des Beretta, achetés à Kansas City.
-Parfait."

Je leur signale comment se passe notre affaire. Ils dormiront pour une partie chez moi, j'ai des chambres libres. Ce sont ceux qui s'occuperont de la protection de ma villa. Par roulement, ils changeront. Ce qui fait que tous devront se trouver un appartement en ville. Qu'ils en prennent en commun, ça leur diminuera leurs frais et ce sera plus sûr.

Mes hommes remontent dans les camionettes et s'en vont avec l'avocat qui va leur faire la visite des lieux. Moi, je retourne à l'intérieur. J'ai une visite à faire à la gérante d'un certain "Arachnid's Nest."
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William J O'Sullivan
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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Sam 5 Jan - 17:55

Je rentre dans le Coconut. Ici, pas de morts, pas de tirs… C’est tranquille, enfin, autant que peut l’être une boîte de nuit.

Je traverse la salle emplie de fumée, de senteurs d’alcool, de tabac, de déo’ que la sueur commence à traverser… je vais pas me plaindre, une affaire comme celle là, ça m’assure un revenu correct, c’est d’une sûreté que j’apprécie. Quand j’arrive au niveau du bar, la serveuse – magnifique brune avec de très belles formes et pour tout fringue des sous-vêtements blancs et un chapeau de cow-boy – me signale que quelqu’un m’attend dans mon bureau avec un magnifique sourire. Je me la taperais bien un de ces jours, tiens, la serveuse.
Je m’arrête un moment et ne peux m’empêcher que je commence à raisonner comme la majorité des mecs de cette boîte. Je souris pour moi-même et secoue légèrement la tête comme pour chasser ces idées stupides. Je la remercie, lui demande si tout se passe bien. Vu qu’elle n’a pas de clients pour l’instant, elle me parle cinq minutes de sa vie, des petits tracas nocturnes d’une serveuse dans cette tenue… Qu’elle en change, si ça lui déplaît. Pas question, y’a tellement de clients qui désirent flirter avec elle qu’ils consomment comme des brutes. Et chaque conso’ pour elle, c’est un peu plus de beurre dans les épinards. Un de ces cons arrive, commande une vodka… Il finira encore la soirée seul, celui-là, bourré comme il est… Moi aussi, remarque.

J’emprunte le couloir qui mène à mon bureau, les deux gorilles me donnent un « Bonsoir, Monsieur O’Sullivan ». J’ouvre la porte de mon bureau. Un homme est là, avec une petite mallette en métal, camouflée, inscriptions hébraïques et latines…


"Louis, Quel plaisir de te voir !
-Bonjour, William, ça fait longtemps.
-C’est vrai, très longtemps. Comment va Papa ?
-Il va bien, il te passe le bonjour et t’envoie ça. Il n’a pas oublié que tu es né le 25 décembre, comme l’enfant Jésus."

Ouais, enfin moi, je ne travaille pas dans le même registre d’activité… Mais c’est vrai que mes parents quand j’étais jeune m’appelaient parfois « Le petit Jésus ». Mes potes aussi, parfois méchamment. J’en ai jamais trop rien à foutre en fait.
Je prends la mallette que me tends Louis, je l’ouvre et ne peux m’empêcher un sifflement admiratif. Louis sourit, il connaît ma passion pour les armes de poing…


"Bul Cherokee, le dernier sorti des manufactures d’armes israéliennes. Il n’est encore que très peu mis sur le marché. La mallette contient l’ensemble des accessoires disponibles : silencieux, crosse, pointeur laser, lampe tactique, poignée de tir, lunette de visée à réaction sensible, chargeurs de 17 coups et modèle étendu de 30 coups. Le must des pistolets de combat actuellement. Ça te plait ?
-Merveilleux. Remercie bien Papa quand tu le verras.
-Pourquoi ne pas y aller toi-même ? Papa habite ici. Depuis plusieurs années, déjà.
-Je ne savais pas."

Louis sourit. Normal, que je ne le sache pas, personne ne sait trop où vit Papa. Le fait qu’il habite en ville n’est même pas un renseignement, connaissant Papa, il peut habiter n’importe où et même en passant la ville au peigne fin, on ne le trouverait pas. Louis me tend un petit tas de cartes.

"Tiens, des invitations pour mon magasin. Les règles sont les mêmes. Uniquement des gens triés sur le volet, une arme uniquement.
-Je te remercie de ta confiance, Louis.
-Rappelle-toi que la trahir coûte cher."

Un sourire en coin. Je connais Louis depuis longtemps, mais c’est pas pour autant que je sois un ami. Encore moins de la famille. Son père m’aime bien parce que du temps où je tuais pour de l’argent, j’ai rendu des services. Mais à part ça…
Louis referme sa sacoche, me sert la main.



"Salut, William, à une prochaine fois."

La porte se referme sur lui et me laisse seul avec ma nouvelle merveille. Je la sors de sa valise, monte les différents accessoires. Bon, alors deux configurations possibles : « tactical » avec la poignée, et la crosse. Je peux mettre aussi dans ce cas le silencieux et la lunette. Et le mode « Spec Ops », là je peux mettre la lampe et le pointeur laser avec, mais pas la poignée… Bon, tant pis.

Je manie un peu le jouet. Prise en main parfaite, avec la crosse et la poignée, c’est aussi bien qu’un fusil. Un peu dommage pour le calibre, du 9mm Luger… J’aurais préféré du .45ACP, pour la puissance de la cartouche. Mais bon… Dans la mallette, je trouve un holster de poitrine en cuir noir, très bien fait, mais qui ne permet pas de prendre les accessoires. Je passe l’arme dedans, glisse deux chargeurs de 17 coups avec – le 30 est déjà engagé. Le reste du matériel reste dans la mallette. Je mets un cadenas dessus pour éviter les contrôles de police en cas de problèmes.


Je vais peut-être passer le reste de la soirée tranquille, finalement...
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William J O'Sullivan
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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Sam 5 Jan - 22:55

La porte de mon bureau s'ouvre violemment. Mon premier réflexe est de tirer mon arme, mais c'est Arthur qui déboule.

"Ah, William, je te cherchais partout. On a un problème. grenne avait commandé un truc, je ne sais pas quoi, mais ça nous attend aux docks. Il nous faut de l'argent pour aller le récupérer!
-Tu veux que j'aille acheter un truc dont je ne connais même pas la nature pour un cadavre, Arthur? Tu débloque là.-C'est peut-être important, peut-être des armes, de la drogue, que sais-je? C'est sûrement important!"

Je réfléchis un moment... De l'argent? On en a pas... Ou pas encore. j'ai des hommes, mais pas assez d'arme pour jouer au malin... J'ai un plan.

Je me lève de mon siège, attrape ma mallette et mon manteau. Arthur me suis à la trace, on prend sa voiture. Faudra que je pense à m'en acheter une, moi aussi...
Pendant qu'il conduit, je passe deux appels. Le premier à Fingerweig, le patron du Tangier. Il doit me préparer une mallette avec 2000$ dedans. Je pourrai pas m'autoriser plus. Le second à John, pour qu'il soit au Tangier dans dix minutes avec un homme. ça suffira.

J'espère que ça vaut le coup...
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William J O'Sullivan
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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Dim 13 Jan - 19:35

Je débarque au Coconut. La salle est en train d'être préparée pour la soirée. Au bar, deux de mes hommes sont en train de boire une bière en déconnant. Je leur signale notre visiteuse. Ils acquièssent, finissent leur bière. L'un va se placer à l'entrée, dehors, l'autre devant le couloir d'accès.

Je m'installe dans mon bureau, tire le HP de mapoche et l'installe caché, au cas où je me retrouve "tout nu" dans une situation à la con.

j'esère que cette conversation va bien se passer, ça me ferait chié d'avoir désingué cinq mecs et d'en désinguer d'autres pour un truc qui ne me rapportera rien.
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Madrigal Volen
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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Lun 14 Jan - 4:52

Elle reconnut l'établissement à son enseigne tapageuse et louvoya dans les rues à la recherche d'un stationnement, qu'elle choisit assez loin, empruntant plusieurs détours.

Le trajet avait duré huit minutes et Madrigal en avait bien dix autres à faire à pied, ses hauts talons claquant sur le macadam froid. Bien emmitouflée dans ses fourrures, Madrigal se dirigea vers le bar rival, fixant mentalement les limites de ce qu'elle était prête à accepter ou non.

D'abord, si ce type imaginait qu'il poserait ses mains sur elle pour autre chose qu'une courtoise poignée de main, il s'enfonçait le doigt dans le globe oculaire jusqu'au coude. Elle était venue désarmée, son flingue n'étant pas particulièrement discret et se dissimulant difficilement dans un sac Hermès. Elle avait encore espoir que des gentlemen puissent exister; à mesure qu'elle marchait, néanmoins, elle se sentait stupide de ne pas être venue armée. Il faudrait qu'elle s'achète quelque de chose de petit, discret, qu'elle pourrait emmener avec elle...et espérer qu'elle n'aurait pas besoin d'une telle chose dans l'heure qui suivrait.

Elle arriva devant le bar, où un type en costard attendait; quand il la vit approcher, il prit la Veuve par le bras, essayant de se montrer vaguement galant.

Madame Volen, j'imagine?

Elle ne répondit pas, se contentant de fixer la main sur son manteau comme une répugnante araignée. Une expression de souverain dégoût au visage, Madrigal souleva uns à uns les doigts posés sur son bras. Rapidement, l'homme retira sa main, embarrassé, reprenant un masque froid et formel, probablement vexé des manières hautaines de l'invitée. Néanmoins, il devait avoir reçu ses ordres, car il ouvrit la porte à Madrigal et lui emboîta le pas à l'intérieur, gardant une distance respectueuse entre lui et la femme en noir, son visage fin et racé se détachant avec un éclat d'ivoire contre son chapeau de Moscovite et les poils soyeux caressant sa gorge. Elle ralentit l'allure, le temps de laisser son escorte la devancer de deux pas, puis le suivit à travers la salle que Madrigal détaillait d'un oeil discret. Il était toujours bon de savoir à quoi s'en tenir quant aux concurrents...elle constata avec un sourire narquois qu'elle n'avait rien à envier à ce bar. Mis à part les planchers, mais ce n'était plus qu'une question de temps.

Elle dépassa un autre troufion occupé à garder un couloir, qui enrichit son escorte jusqu'à l'antre du patron, où il toqua à la porte et annonça d'une voix forte le nom de la visiteuse, qui fixait froidement le panneau de bois, s'appliquait à ne pas accorder un seul regard à ces sous-fifres aux manières de rustres.

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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Lun 14 Jan - 13:24

"Entrez."

La porte s'ouvre sur mes deux sbires et la veuve Volen. Le premier d'entre eux entre, puis l'autre fait signe à mon invitée de pénétrer mon bureau. Je me lève, prend sa main, l'approche de mes lèvres, mais ne la touche pas. Avec une femme de marque, on se montre galant. ça favorise toujours les relations. Un de mes hommes prend son manteau et l'accorche délicatement au porte manteau. Pendant ce temps, j'ai écarté légèrement un des fauteuils installés devant mon bureau pour qu'elle s'assoie, puis j'ai moi-même rejoint ma place.
Un bref "merci messieurs" renvoie à l'extérieur les porte-flingue. je veux parler de seul à seul avec la dame, et c'est pas comme si je craignais grand chose d'une femme...


"Je suis heureux que vous ayez accepté cette rencontre, madame. Je pense que nous deux avons beaucoup a gagné d'une intelligente collaboration. Je me doute qu'aujourd'hui vous ne doutez plus que ce n'est pas en tant que patron d'une boîte de nuit que j'ai désiré vous rencontré. Soyons direct, que les choses soient mises à plat. Je dirige une organisation criminelle qui cherche à retrouver le contrôle de la ville. Pas un contrôle total, mais un contrôle suffisant. Par contrôle, je n'entends pas tout diriger, mais avoir suffisement d'influence pour influer sur la vie quotidienne de tout citoyen. C'est dans ce cadre que je pense que nous pouvons ensemble, par une aide réciproque, trouver un modus vivendi qui nous arrangerait tous les deux."

Mon visage n'affiche aucune émotion. Pas de colère, pas de ton de menace, pas de sourire mielleux. Un exposé précis du problème qui provoque cette réunion.
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Madrigal Volen
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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Mar 15 Jan - 3:31

Assise sur le fauteuil un peu raide, les chevilles croisées avec élégance, son pied gauche battant la mesure du laïus de William, Madrigal l'écoutait attententivement. Elle n'avait pas placé un mot, se contentant d'une inclinaison de la nuque pour saluer le patron de la boîte rivale. Elle avait retiré son manteau et sa toque, mais pas ses gants; ses mains étant la seule partie de son corps ayant encaissé les années, elle les gardait toujours soigneusement couvertes afin de ne pas gâcher l'ensemble.

Elle poussa un imperceptible soupir et remua sur sa chaise, ses yeux noirs rivés dans ceux de son interlocuteur.

Et qu'attendez vous de moi au juste?
demanda-t-elle d'un ton poliment curieux, masquant son envie de lever les yeux au ciel et de lui demander de but en blanc à quoi rimait son monologue. Elle se doutait déjà qu'il était à la tête d'une organisation pas si quelconque. Quand on se permet de se moquer de "ceux qui veulent jouer dans la cour des grands", c'est qu'on ne se sent pas petit soi-même. L'allusion avait été trop discrète pour que le sieur O'Sullivan n'essaie de se la péter; la Veuve Volen n'était certainement pas aussi écervelée que les magazines avaient essayé de le suggérer, elle savait additionner deux et deux. Des types en costards, deux, affectés à la seule tâche d'escorter une femme seule jusque dans un bureau? Ça ne sentait pas le petit gang criminel à trois ronds.

Elle voulait savoir exactement à quoi s'en tenir. Il y avait longtemps qu'elle avait appris à se méfier des détours, des belles paroles, des belles promesses d'une fortune partagée. Personne ne partage spontanément, sans arrière pensée égoïste. Si ce type la laissait vivante et proposait de discuter, c'était parce qu'il aurait profit à tirer de cette situation.

Elle voulait savoir au juste quel serait ce profit, quel prix elle aurait à payer. Mais surtout, quel avantage elle pourrait tirer de cette "aide réciproque"...

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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Mer 16 Jan - 15:27

De but en blanc... J'avais pensé qu'elle apprécierait de ne pas parler franchement de ce genre d'affaire, et vu que personnellement, je n'ai pas de passion particulière pour ce genre de manière...

"Je vois que vous appréciez la franchise. Alors je vais être franc. Comme vous l'avez vu, la trève à Depracity bat de l'aile depuis que Mister green, ancien patron de la mafia est mort. La visite que vous a fait ce gang il y a quelques jours le preuve : jamais ce genre de groupe n'aurait pu tenter de s'offrir la protection d'un tel établissement.
Ma vision des choses est très simple : il est temps pour moi et ma mafia de rassembler ses billes, si je puis me permettre, et d'éliminer la concurrence. l'illégale, je veux dire."


Là, je pense qu'elle a compris que c'est de violence pure que je parle, de sang à l'hectolitre. En tout cas si quelqu'un a la mauvaise idée de tenter de se mettre sur mon chemin.

"Pour moi, voir une entreprise, quelqu'elle soit fournir de l'argent à une organisation adverse, serait-ce contre une quelconque protection qu'ils ne sont pas capables de fournir est un problème. C'est pour ça que j'ai tué hier : pour rappeller à tous les gangs que la mafia est de retour est qu'elle ne compte pas leur laisser les restes de l'ancienne.

En ce qui vous concerne, votre boîte sera tôt ou tard de nouveau la cible d'un autre gang. A moins que bien sûr quelque chose ne les dissuade de s'y frotter. Vous vous doutez que ce quelque chose, c'est moi qui le fournis, armé, et que cela n'est pas gratuit. Le prix est bien entendu discutable, je ne sais ce qu'ont exigé les blacks, mais personnellement, je juge que les entreprises protégées ne doivent être des vaches à lait.

Pour être plus concis, vous, vous gagnez le calme, peut-être plus si vous avez des propositions. Moi, je m'assure une entrée d'argent en plus, mais surtout le contrôle du marché des loisirs nocturnes.

Qu'en dîtes vous?"


Je me penche sur mon bureau, les coudes sur la surface de bois peint en noir, les mains croisées. Mon regard se pose sur le sien, un regard très calculé. Ni menaçant, ni quémandant, mais décidé.
Dans le couloir, on entend une porte claquer, un homme parle un peu bruyamment avec un autre. Une histoire d'homme armé.
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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Sam 19 Jan - 19:53

Qu'une chose soit très claire entre nous, dit Madrigal en se penchant légèrement vers William, les bras croisés: L'Arachnid's Nest m'appartient pleinement. Personne d'autre que moi n'aura a fourrer son nez dans mes affaires, vu?

Une fois ce très important détail mis au point, Madrigal se rapprocha du bureau, se mordillant la lèvre en réfléchissant.

J'ai besoin d'hommes armés. Je pourrais en recruter moi-même, mais je serais stupide de me passer d'un réseau plus puissant que je ne pourrai l'être. Je veux bien discuter d'un prix et d'avantages dans l'établissement, mais il y a un autre point: les filles. Si vos hommes veulent s'amuser avec mes filles, je ne vois rien à redire, mais c'est tarif régulier.


Elle se tut, attendant de voir l'offre de William avant de refuser et d'en proposer une de son cru, repassant en tête tout ce qu'elle avait promis d'interdire.

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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Sam 19 Jan - 20:14

Je me renfonce dans mon fauteuil de cuir... Au passage, elle confirme une chose qu'on ne m'avait pas assuré : elle a des prostituées. Ce qui fait que si elle refuse de me rejoindre, elle devient une concurrente sur un marché porteur... Mieux vaut donc trouver un accord.

"Il n'est pas question de tarifs préférentiels. Si mes hommes veulent boire à l’œil, mon bar est là pour ça. Pour les filles, la mafia n'est pas là pour leur faire des soldes sur les passes."

Faudrait pas non plus que les hommes pensent que je suis le père Noël. Et surtout : il faut les tenir. Relâcher un peu le mors, laissez leur la bride franche, et ils vont peu à peu prendre goût aux cadeaux... Et lorsqu'ils n'auront plus assez...
Parlons affaire, plutôt que de calculer des risques hypothétiques.


"Je vous fournis une équipe de trois hommes, 24 heures sur 24. Armés, cela va s'en dire. En échange, cela vous coûtera 800$ par mois. C'est cher, je sais, mais dîtes vous qu'en plus de la présence armée, vous avez la cavalerie. En cas de problème, un groupe armé débarque en moins d'un quart d'heure. Et j'assure le nettoyage jusqu'à la racine de tout groupe ayant de velléité de gêner vos affaires. Ça vous coûte cher, mais personne n'aura la connerie de chercher à vous attaquer, car quoi que ça me coûte, je ne laisse jamais en vie celui qui touche à mes intérêts ou me défis."

Plus j'y pense plus je me dis que c'est vrai. A part durant la guerre où tuer tous ceux qui étaient une menace n'était pas possible, je n'ai jamais laissé un ennemi en vie, quitte à dépenser des centaines de milliers de dollars... Il faudra qu'un jour je raconte mon histoire au monde...
Ça y est, je change encore de sujet de pensée... Chassant mon court regard absent, je retourne mon regard vers la Veuve Volen, dans l'attente d'une réponse.
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Madrigal Volen
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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Mar 22 Jan - 3:59

(Désolée si des gens avaient lu le message d'avant édition, mais putain c'est trop la honte, toutes mes excuses..!)

Dans ce brillant petit plan, Madrigal decelait assez de piège pour qu'elle sourie ironiquement.

Très joli, tout ça. Évidemment, quand le bruit se répendrait que la Mafia était dans l'Arachnids, bien des gangs se tiendraient tranquilles, respectueuses...ou ce serait le contraire. Son bar deviendrait une vraie passesoire, un nid de truands essayant tous d'emmerder la Mafia au maximum.

Elle s'éclaircit la gorge.

Déjà, pour 800$ par mois, j'en voudrais cinq; je ne paierai pas plus de 500$ pour trois bonshommes qui n'ont qu'à se balader en costard chez moi et à ne pas roupiller en service. Dans le cas où il y aie une attaque, je veux bien leur offrir un bonus, et si j'ai ensuite besoin de vos services ou de vos renforts...nous en rediscuterons tous les deux à tête reposée pour trouver une jolie petite entente à l'amiable.

Mais si l'attaque en question, qu'elle demande des renforts ou non, ne vise pas directement ma propriété mais qu'elle cherche à vous atteindre, désolée, mais c'est pour votre gueule. Je ne paierai certainement pas pour les ennuis que vous pourriez m'attirer.

D'ailleurs, vous serez gentil de me filer le numéro de votre avocat, j'ai une société d'assurance à assiéger pour éponger mes propres emmerdements.


Madrigal sentait que le MeC (Mafieux en Chef) ne laisserait pas les prix chuter ainsi sans chipoter ainsi; elle arbora donc son air le plus sobre et sérieux, son visage placide et immobile animé par ses grands yeux noirs, rivés dans celui du sieur O'Sullivan, curieux, passant le visage de l'homme au sismographe.

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William J O'Sullivan
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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Mer 23 Jan - 14:38

Un sourire au coin des lèvres. Là, j'hallucine. Je m'attendais à ce qu'elle discute mon offre, logique, pas à ce qu'on en vienne à négocier en marchand de tapis. C'est... désagréable.

Le sourire qui avait réapparut sur mon visage disparut soudain.


"Madame Volen. un gang vous a attaqué, tout le monde dans le milieu le sait. Dans quelques jours, on retrouvera dans le fleuve les corps des autres, tous tués par balle. Pour tout gang en ville, le message sera clair : la mafia règne. Il y aura toujours quelqu'un pour se dire qu'on peut me défier. Mais après un tel exemple, pour peu qu'on fasse un peu durer le plaisir avec nos amis négros, il ne restera pas grand monde pour passer à l'action. Autant dire que pas grand monde n'envisagearait de retenter une expérience de ce genre. D'autant que pour être défié, il faut quelqu'un pour cela. Néanmoins, au cas où nous tombions ensemble d'accord sur le fait qu'un incident concernant votre boîte a été provoqué non contre vous mais contre moi, je m'engage à ce que vous n'ayez pas de pertes sur la restauration des lieux ni sur la durée de fermeture.

Ensuite, il ne me semble pas opportun de commencer à négocier les interventions de mes hommes... Votre entreprise doit toucher selon mon avocat entre 1800 ou 2500$ de bénéfices par mois. C'est à dire autant que la mienne, à peu de chose prêt. Je me doute que mon offre vous semble élevée. J'accepte de la descendre à 700$ tout compris, en estimant que mon avocat n'est pas huissier et donc pas forcément tout à fait juste.
Mais franchement, êtes vous sûre que ce soit une bonne idée de négocier l'intervention de mes hommes? Je vais immobiliser trois hommes ici. Trois hommes payés. On y ajoute le coût - élevé - d'une intervention. ça commence à ne plus rapporter grand chose à la mafia... Hors il faut tout de même que je rentre dans mes frais. Maintenant imaginez que la protection de votre boîte me coûte de l'argent. Je ne vais certainement pas envoyer la cavalerie pour que ça me coûte encore plus cher. J'ordonne donc à mes gentils porte-flingues de dégager la zone, et je vous laisse dans votre petit monde en ruine. ça ne me semble pas du tout être un bon plan.

D'autant plus que si nous devions commencer à négocier chacune des interactions entre nos deux ensembles, je crains que mon avocat ne vous présente sa facture pour l'intervention auprès de votre assurance."



A moi de retourner au silence. Je fixe calmement la veuve Volen, sans ciller. Je pense que le message est clair : la mafia n'est pas une entreprise d'assurance, ni même de gardiennage. On paye sa protection qui inclue toutes les interventions, pas au détail. Parce que sa facilite la vie aux comptables. Parce que la mafia pousse encore plus fort sur la Pompe à fric des récalcitrants.
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Madrigal Volen
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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Sam 26 Jan - 17:22

Madrigal s'appuya contre le dossier, éloignant de nouveau froidement la distance entre elle et William. Son visage blanc et beau comme celui d'une statue, ayant la même rigidité austère et hautaine, n'exprimait qu'un profond mécontentement à se faire parler ainsi.

Soit, trancha la Veuve d'un ton incisif, alors ça sera 700$ par mois et ne comptez pas sur moi pour vous fournir le moindre sou de plus. Je veux que vos trois hommes soient triés sur le volet; si vous m'envoyez des incapables, votre pognon, vous le foutez quelque part où il fait sombre.

Elle se leva rapidement et tourna le dos à William, ses talons claquant sèchement sur le parquet, et s'enveloppa dans son manteau sans un mot. Elle leva les yeux juste avant de sortir:

Le chef de cette bande d'enculés, vous me l'amenez vivant. Je ne le veux pas en train de pourrir au fond du fleuve, je le veux en train de hurler et de crever au bout de son sang chez moi.

Après un vague signe de salut de la tête, Madrigal claqua la porte derrière elle.

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William J O'Sullivan
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MessageSujet: Re: L'arrière salle   Sam 26 Jan - 17:49

La Veuve Volen quitte mon bureau en furie... Elle semble ne pas être très contente des clauses de notre contrat. Elle se rendra vite compte qu'elle fait une affaire en travaillant pour moi... ou du moins dans mon entourage. Je la laisse s'en aller puis me lève tranquillement de mon siège. Va falloir aller rendre visite à un vendeur d'arme... mais pas tout de suite, je vais aller m'occuper de ce mec armé venu à la villa...

Je me lève, dis aux deux porte flingue qu'on rentre, y'a du boulot chez nous.


--> Arrivée en fanfare, villa de William.
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L'arrière salle

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