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 Une vie au service de la mort

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William J O'Sullivan
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MessageSujet: Une vie au service de la mort   Sam 19 Jan - 20:33

Préface



Je me nomme Willaim Johnatan O'Sullivan. Je suis le parrain de la mafia de Dépracity. Cette révélation peut paraître soudaine, mais si un jour quelqu'un lit ceci, c'est que je suis mort.

Dans ce texte, qui retrace mes mémoires, je ne cacherai rien. Je montrerai comment un petit gars de la Virginie est devenu un des requins de la côte ouest, sans modifier les noms ou les faits.

Vous qui lisez ce livre, ne cherchez pas à savoir qui je suis par la voix d'autrui. Laissez moi vous le dire par mes mots souvent crus, forgez vous une opinion sur cette seule base. Après cela, critiquez, informez vous si vous le désirez. Mais rappellez vous que la première impression est souvent la bonne.
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William J O'Sullivan
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MessageSujet: Ma jeunesse   Sam 19 Jan - 20:41

De ma jeunesse, je ne dirai que peu de chose si ce n'est que j'ai été élevé par des parents aimants, et que c'est durant mes premières années que mon amour des armes s'est développé.

Mon père était professeur d'histoire, passionné du Japon médiéval, et membre important de la NRA. Ma mère était conservatrice dans un musée d'histoire naturelle en Virginie. C'est parce qu'elle avait trouvé cet emploi qu'on a du quitter notre précédent domicile. Même si je ne m'en souviens pas, je sais que j'ai été traumatisé par ce déménagement. La perte de repères, à 5 ans, c'est dur. Et pour m'empêcher de sombrer jeune dans un mutisme dépressif que mon père m'a mis une carabine à plomb entre les mains.

A 17 ans, sur un champ de tir, j'ai té repéré par un officier de recrutement des Marines. Je tirais mieux que quiconque, à cette époque. Enfin, en Virginie du moins. J'avais été vice-champion de ma catégorie au niveau fédéral. Mon père était fier de moi. Il l'a été aussi quand je me suis engagé en trichant sur mon âge. Ma mère, elle, était désespérée.

Je ne peux pas dire grand chose d'autre d’intéressant de cette époque. Ma scolarité n'a rien eu d'exemplaire : j'avais de bon résultat, travaillait presque sérieusement, mais je n'aimais pas le lycée. Quitter les études est peut-être l'une des pires erreurs de ma vie. Mais ça a forgé l'homme que je suis.
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William J O'Sullivan
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MessageSujet: Le vietnam   Sam 19 Jan - 21:23

Avec mon engagement s'ouvre une partie de ma vie qui m'a grandement marquée. A peine sorti de l'adolescence, je suis devenu un homme endurci par le sang et la poudre. Encore malléable, j'ai été forgé dans la fournaise des batailles pour devenir l'homme implacable d'aujourd'hui.

J'avais décidé de servir sous les drapeaux. La guerre en tant que telle n'était pas encore commencée, mais déjà à l'Etat major, on savait qu'on ne pourrait pas l'éviter. Cette décision, je l'avais prise parce que ça me semblait cool de manier des armes toute la journée. Mais j'ai passé les premières semaines de mon entraînement en Caroline du sud à courir en chantant, à faire des parcours d'obstacles en me faisant insulter par le sergent instructeur. Je dois avouer que je n'étais pas vraiment un grand sportif, suffisamment pour ne pas me faire recaler. C'est lorsqu'on m'a mit une arme entre les mains que le sergent m'a apprécié. J’ai battu le record de vitesse du régiment pour démonter, remonter un M14. Je tirais mieux que les instructeurs eux-même. Incapable de louper une cible immobile à 200 mètres, une mobile à 80 mètres - mon meilleur tir en mouvement est un 'head-shot" - comme disent les jeunes de nos jours - à 156 mètres. 80 n'est que mon plus mauvais score.

A la fin de l'année de formation - a l'époque, on prenait encore son temps pour former les militaires - j'ai été envoyé au Vietnam, au sein d'une unité sensée protéger les "conseillers américains" - en fait des formateurs pour l'armée sud-vietnamienne et des militaires préparant l'arrivée de notre armée, mais dès le début, on nous envoya dans des missions coups-de-poing contre l'ennemi viet-cong. Attaques de points fortifiés, prise d'assaut de bâtiments de l'administration nord-vietnamienne. On a rapidement compris qu'on était là pour attaquer, pas pour défendre.



Du Vietnam, de la guerre que j'y ai mené, je ne ferai pas un ouvrage chronologique, je laisse ça aux historiens. Je me contenterai d'anecdotes, de souvenirs marquant.


Par quoi commencer? Des généralités, peut-être. Qui peut comprendre le Vietnam sans savoir à quoi il ressemble? Je dirais qu'il y a cinq types de terrains au Vietnam : les plaines souvent emplies de broussailles, la jungle, les rivières et les deltas, les rizières et les villes. De tous, ce sont les rizières les plus adaptées à nos armées occidentales : de vastes zones vides, avec de bonnes lignes de tir, un quadrillage permettant un tir précis de l'artillerie, une utilisation facile des blindés. La jungle, elle, c'est le pire. La maladie, les araignées et serpents venimeux, les pièges facilement dissimulés, les tireurs embusqués : tout cela en fait vraiment un milieu hostile pour le GI venu de ces grandes plaines. La ville est pas mal non plus : les embuscades de Huey nous ont coûté cher. SOuvent, pour un tireur abattu, on perdait deux ou trois hommes. Parfois une dizaine.

Huey. Ça nous ramène à l'offensive du têt en 1968. On avait fortifié le camp du régiment, avec tout ce qu'on pouvait : grillage de trois mètres, barbelé, mines claymores... et puis ensuite, on a envoyé des équipes pour protéger des bâtiments officiels de l'armée. J'étais sergent alors, et on m'avait envoyé avec une dizaine d'autres soldats protéger un hôtel occupé par des officiers et des journalistes. Le chef, un adjudant chef blasé de cette guerre nous avait mis en alerte, avec une mitrailleuse M60. Soudain, la porte d'entrée de l'hôtel a éclaté sous l'effet d'une grappe de grenades. Un de nos hommes s'est effondré sur le coup, un éclat dans la gorge. Les viets ont débarqué juste après l'explosion. Nos M16 et la M60 en ont couché un sacré paquet dans le hall, mais il en revenait toujours plus. L'adjudant est vite tombé, une balle dans le ventre, une autre dans l'aine. Le mitrailleur a pris une grenade qu'il a voulu relancer mais qui lui a pété dans la main. Le combat s'est poursuivi dans le hall et les couloirs durant dix bonnes minutes puis une patrouille avec une Jeep armée d'une mitrailleuse calibre .50 est arrivée et nous ont sorti de ce merdier. Lorsqu'on en a eu fini, il y avait plus de quarante morts dont six Marines et 3 GI de la patrouille. Une boucherie.
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MessageSujet: Re: Une vie au service de la mort   Dim 30 Mar - 9:43

Les combats de la reconquète après l'échec cuisant que représenta pour le Viet l'offensive du Têt furent violents. Je ne suis pas resté longtemps me battre à Huey, un autre régiment s'occupait du sale boulot : je fus promus sergent et envoyé dans une unité de notre division qui préparait un assaut contre une ancienne plantation française d'hévéa, avec tout le bordel : hélico, chars et véhicules amphibies. Bien entedu, j'ai eu le droit à l'unité qui partait dans cette vague là, la première, escortée par les hélico de combats et l'artillerie de Marine sous le feu de celle des Viets... Un grand moment.
Ce fut un moment particulier. J'avais l'impression d'être dans la peau d'un de ces GI qui regardait s'approcher la côte normande depuis sa péniche de débarquement. Heureusement pour nous, les positions viets étaient beaucoup moins bien fortifié et le passage des gunship Huey les mis sérieusement à mal. Nos LVTP5 avançaient aussi vite que possible vers la plage. L'équipage faisait un boulot incroyable : ils balançaient des pruneux de mitrailleuse dans tous les sens sachant qu'ils allaient devoir nous laisser sur place pour aller chercher du ravitallement. Leur politique était "tout viet mort c'est plus de chance de survie pour les gars sur la plage."
Complêtement fixés par nos hommes qui commençaient à se répandre sur cette foutue étendue de sable chaud - l'expression "sentir bon le sable chaud" rappelle souvent aux anciens Marines que ce sable est gorgé du sang des leurs - les viets n'ont pas vu venir notre colonne de Patton M48 accompagnés des M113.Lorsqu'ils battirent en retraite sous la pression du groupe de débarquement, les viets se retroouvèrent sous un feu de flanc nourris, à grand coups de 12.7, mitrailleuse et M16 d'infanterie ou d'obus HE des chars. On en a compter moins d'une quarantaine qui rejoignaient le couvert des arbres à ce qu'il parait. Sauf que juste après les arbres, il y avait des rizières... Autant dire que les gunships ont laissé de jolies rangée de cadavres rougissant les eaux de ces cultures...
Moi, une fois descendu de mon blindé avec mon groupe, j'ai utilisé un passage suffisement à couvert entre deux dunes pour ne pas servir de cible à tous les bridés d'en face. On a eu de la chance que les hélico aient bien fait leur boulot parce que les viets avaient mis une mitrailleuse en enfilade dans ce passage. On a tout de même pris quelques pruneaux mais le pire étaient les mortiers qui pourrissaient la plage. Il a fallu que les Cobra fassent un passage avec leurs rockets pods pour nous soulager de ces merdes... Avec les douze types encore en état de mon groupe de dix-sept, on a réussi alors à arriver jusqu'au village, parce que les viets commençaient à déccrocher par groupes et leurs défenses devenaient du gruyère.

on a mis en place la M60, et on a pu bloquer des grapes de viets qui sortaient d'un bunker creusé dans la colinne qui cherchaient à llaer renforcer leurs petits copains sur la plage. Il n'y avait qu'une entrée et elle était sous notre feu. On a fini par laisser sur place un tas de morts, c'éait immonde.

A la fin de la journée, on avait compté prêt de quatre cents cadavres de Viets contre seulement quinze morts, trente sept blessés et un hélico crashé. Mon action fut félicité par le colonel, qui décida de m'envoyer faire une autre foutue mission : reconnaissance en terrain inconnu.
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MessageSujet: Re: Une vie au service de la mort   Jeu 1 Mai - 21:15

La mission en question se passa mal. On avait à peine franchie ce qui devait les lignes ennemies qu'on fut accroché par un groupe de viets avec une mitrailleuse et un lance roquette. Le problème c'est que ces enculés, bien planqués dans leurs trous nous avaient laissé pasé pour nous prendre de dos. Et histoire de poser la cerise sur le gâteau, c'est le radio qui fut un des premiers à se faire buter et récupérer sa machine s'approchait fortement du suicide.

Alors on a décrocher dans les lignes ennemies. Ou plutôt derrière. Des treize hommes partis avec moi, j'en avait laissé quatre pour morts et on avait trois blessés. Un mourut peu après. Les deux autres pouvaient encore s'en sortir. On a du attendre la nuit pour bouger, mais ma boussole étant morte, on a du le faire au pif. Et bien sûr, on s'est paumé.
Sauf qu'on en s'en est rendu compte que lorsqu'on s'est retrouvé juste à côté d'un camp de viet. Aux vues du moral et du nombre de blessés, ça devait être ceux qui s'étaient fait rosser la veille.

Leur campement était établi sur les pelouses de ce qui fut autrefois une demeure coloniale française très riche. La bâtiment lui-même servait d'hôpital et de QG. Or qui dit QG dit radio. Et une radio, on en avait foutrement besoin. Alors on est rentré. Pas en pétaradant de tous les côtés comme des brutes. Non, y'avait une porte de service à l'arrière qui n'était pas gardée. Couillon mais efficace.
A l'intérieur, on a voulu trouver la salle radio, mais ce qu'on a trouvé était mieux : un dîner d'officiers avec en invité d'honneur le colonel Lam Ching-ying, criminel de guerre recherché par les nôtres. Je ne pouvais pas laissé passer une telle occasion.

Je vous laisse deviner la gueule des Viets quand on est arrivé avec nos armes dans les pattes, en signalant en viet - un de mes hommes le parlait correctement - qui si quelqu'un bougeait, on ne ferait pas de prisonniers. Et ces cons dînaient sans leurs armes. On a gentillement attaché tout ce petit monde après quoi on a piqué leur radio. Genre de gros émetteurs très pratiques. On a finit par capter nos propres ondes et on a passé un code. Le genre signalant "non je ne suis pas prisonnier, alors venez et vite." Les mecs ont répondu "intervention des hélicos à l'aube, soyez prêt à donner un appui-feu."

Quelle nuit de merde. On s'était réfugié à l'étage, parce que la plupart des fenêtres avaient été murées. Mais les niaks de l'extérieurs ont fini par comprendre que quelque chose n'allait pas. Vous avez déjàessayé de retenir 200 viets avec neuf hommes dont deux blessés légers? C'est un grand moment. La M60 et le RPK qu'on leur avait piqué couvraient le hall, c'était un joli carnage. Jusqu'à ce que la moitié du palier soit arraché à coups de roquettes. On a tenu comme on pouvait, en leur balançant des grenades autant qu'on pouvait. On a du en tuer... Trente, peut-être quarante. Peut-être plus. Ce que je sais, c'est qu'à l'aube, ils avaient cessé l'assaut. Et que les hélicos leur ont fait une sale surprise.

Nous fumes emmenés à l'arrière avec nos prises. le colonel Lam Ching-ying fut exécuté en 1969. En réponse, deux cents prisonniers américains furent abbatus. En réponse, on balança deux cent bombes super-lourdes sur Hanoï et d'autres villes du nord... Méthode amériaine de l'escalade.


Pour cette action, je reçus la Distiguished Service Medal. Ne vous méprenez pas. C'est ma seule action "héroïque" de la guerre. Lorsqu'en 1964 j'étais allé recherché un camarade derrière les lignes ennemmies, c'est parcequ'il me devait 200$. La bronze star que j'ai reçut pour ça ne les valait pas. pas plus que toutes les décorations qui suivirent.

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MessageSujet: Re: Une vie au service de la mort   Jeu 1 Mai - 21:51

Etrangement, cette épisode de ma vie me rappelle Iron Sword, en 1965. C'était une offensive générale, destinée à repousser le vietcong.

Ma compagnie avait été déposée de nuit par des vedettes rapides de la Marine dans le dos de l'ennemi. On avait pour mission d'empêcher un régiment cycliste de battre en retraite sous la pression de l'assaut d'un bataillon blindé appartement à notre division. La 2nd Marines. D'autres compagnies de notre bataillon s'étaient disposées de façon à les pousser vers nous, avec beaucoup d'équipement lourd : lance-roquette, lance-grenade, mitrailleuse, appui aérien et autres.

On s'était disposé un peu partout le long d'une série de sentiers qui longeaient la jungle - où étaient notre bataillon. C'était une zone assez dense de taillis et de hautes herbes, il a donc fallu établir des zones de tir claires pour éviter les "friendly fire". Pour nous épauler un peu, on avait pourri tout l'avant de notre position de claymores, de mines antipersonnelles et dans les descentes, de cables électirques à hauteur de gorge d'un cycliste pour les décapiter.

En fait, ils ne nous atteignirent jamais. pris nous le feu d'une vingtaine de Patton, des M113 de l'infanterie motorisée, ils furent ensuite taillés en pièce par les troupes planquées dans la jungle. Il y en eu bien un ou deux pour venir mourir sur nos M16, mais ce n'était pas très sérieux.

Par contre, un groupes de niaks arrivèrent dans notre dos. heureusement, dans un moment où on ne tirait pas. ça nous faisait chier de laisser passer des fuyards, mais on ne pouvait pas se sacrifier pour quelques connards. Surtout que les nouveaux arrivants abbataient eux-même les "traitres au pays."
Ces fantassins s'installèrent dans des trous qui avaient été préparés à l'avance - et qu'on avait même pas vus! pour se préparer. En plein dans la zone de non-tir (la zone ou tirer correspondait au risque de blesser un camarade). Lorsque nous comprîment qu'ils préparaient une embuscade à nos chars, on a réagit de la seule manière envisageable : on a tiré. Il y a eu des blessés dans nos rangs du fait de tirs alliés, mais ça vallait mieux que des dizaines de camarades morts.

Cette situation était typique du Vietnam : il y avait un front comme un feuilleté : les deux lignes principales, face à face. Derrière les viets, il y avait nous, derrière nous encore des viets. Et derrière nos lignes, il y avait aussi des viets : espions, francs-tireurs...

Guerre de merde.

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MessageSujet: Re: Une vie au service de la mort   Dim 4 Mai - 8:39

Au Vietnam, le problème - mis à part l'ennemi, bien entendu - c'est le temps. Horrible, humide, inconfortable. Il flotte des jours entiers, on est trempé, les maladies se répandent. C'est incroyablement déprimant. Et quand il fait beau, il fait chaud. Le barda et l'uniforme vous font suez, vous puez le chacal après à peine une journée. Et autant dire qu'il ne faut pas espérer prendre une douche si vous faîtes une mission de plusieurs jours. Alors on choppe des poux, des morpions, des puces... La totale quoi.

Ajoutez à cela les serpents, les moustiques, les insectes monstrueux, les araignées, et vous avez le tableau parfait du pays de merde.

Par contre, les femmes sont magnifiques, petites asiatiques aux petits seins. Autant dire que la plupart des GIs ont - comme moi - fait le tour de tous les brodels de Saïgon. mais en 1971, j'ai rencontré une jeune beauté, fille de bonne famille. je voulais l'épouser, m'établir dans la capitale. J'étais amoureux fou de cette fille.
Elle a été abbatue en 1973, peu de temps avant la fin du conflit. Sa mort avait été programmée par les Vietcongs car elle couchait avec moi. Son assassinat valait les bombes que j'ai posé, les hommes et les femmes que j'ai exécutés, la quarantaine de Viets que j'ai tué au combat. Elle valait la haine, le sang et les larmes qui ont été versées.
De nos jours, ce n'est plus qu'un pincement au coeur quand je pense à elle. Et de dous souvenirs.

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MessageSujet: Re: Une vie au service de la mort   Dim 4 Mai - 9:21

On a dit que les soldats au Vietnam étaient souvent habillé n'importe comment, s'improvisant tailleurs, portant des badges et des chaînes civils sur leur uniforme. Ce n'est pas faux. J'espère que si quelqu'un publie mes mémoires, il y joindra mon album photo. Tous comprendront mieux. Je me rappelle de Jonathan Green que tous appellaient "Jim Crow". C'était un black, très costaud, activiste des Black Panthers, camé mais sympa tant que tu n'étais pas raciste.

La première fois que je l'ai vu, c'était après un assaut nocturne des viets contre notre point fortifié. ça devait être en 1969. on avait tenu difficilement, avec des pertes assez lourdes, prêt de la moitié des effectifs dont plusieurs officiers. Le Commandant avait fini par tenir la ligne avec nous, car son QG était aussi pris sous le feu.
Les renforts sont arrivés le lendemain matin. J'étais sonné, assis sur les sacs de sables à l'entrée de mon abri de combat. Il devait y avoir quoi, trente cadavres autour de moi. Surtout des viets, mais aussi des américains. Je ne les avait pas tous tué, bien sûr, en fait,j'en avait assez peu tué. Les "miens" étaient surtout devant mon abri. J'avais prit une balle dans le casque qui m'avait rendu presque fou.

John était juché avec une mitrailleuse M60 sur un M113 dont les antennes portaient deux drapeaux : le drapeau sudiste et le drapeau nazi. Lui s'en foutait : l'équipage était noir, c'était ce genre de provocations bizarres des soldats au Vietnam. Il est descendu du blindé et s'était assis en face de moi puis m'avait tendu son joint.

"ça a chié par ici.
-Surtout pour le viet.
-ça va toi?
-je suis encore debout.
-Ou presque."

En fait, je ne pouvais plus me lever, il m'a pris sous les bras et m'a emmené jusque dans le M113 médical. John était parti chercher d'autres blessés. J'avais pris trois balles dans le corps, desn les jambes. Je n'avais pas senti. Ce fut ma première montée d'adrénaline.
Lorsque John m'a retrouvé, allongé dans un M113 puant le cadavre, il m'a monté avec des potes en haut du véhicule, que je puisse respirer. En chemin, on a parlé. J'aime à croire qu'il m'a empêché de sombrer pour de bon dans la folie.

Il a été tué en 1976, à New-york, par des agents du FBI chargés d'éliminés tous les éléments moteurs d la révolte noire.

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MessageSujet: Re: Une vie au service de la mort   Dim 4 Mai - 10:02



Cette photo est la seule de moi au Vietnam que je connaisse. C'était une patrouille fluviale en renfort de la marine sud vietnamienne. Ces mecs là n'étaient pas aussi bien entraînés que nous ni aussi bien équipés, ils avaient peu de blindés quasiment aucune aviation de guerre, mais ils avaient un truc qui nous manquait : la volonté de vaincre à tout prix pour sauver leur pays. J'ai vu un de ces petits gars touché par un éclat de grenade au ventre continuer à servir sa mitrailleuse jusqu'à ce qu'un char T55 fasse exploser d'un obus sa position. C'était en 1975, à Saïgon. Juste avant que mon unité n'évacue par sous-marin. Officiellement, on n'était plus en guerre depuis 1973. Mais tout le monde savait que cette paix était bidon. Alors les SEALS sont restés. A cette époque j'avais été promu Lieutenant. First Leutnant, pour être précis. Officier par promotion, de troufion à officier en onze ans. Faut dire que mes supérieurs m'adoraient. A cette époque, j'étais crédité de 52 viets abattus, deux blindés détruits au combat rapproché. La liste ne comprends pas les missions qui ne sont pas sensées exister et dont je ne parlerai pas pour éviter des ennuis si quelqu'un choisissait de publier ce journal.

je suis rentré aux States en 1975. j'ai quitté l'armée, je ne pouvais plus supporter le règlement, la discipline, après la liberté qu'avait été la guerre. C'est là que j'ai rencontré un pasteur d'une soixantaine d'année, Mickael junior O'Sullivan, mon oncle. Je ne le connaissait pas, je savais seulement qu'il existait.


Il me raconta l'histoire secrète de la famille. Des générations de soldats et de tueurs.

Notre famille a émigré aux Etats-Unis au début du XVIIIème siècle. Mais déjà en Irlande, nous étions des guerriers. Un de nos ancêtres, était Donal Cam O'Sullivan Bere, Seigneur du Beare et du Bantry, un chef clanique. En 1601, il participa à la révolte du Munster mené par Hugh O'Neill. Il prit le chateau fort de Dunboy puis mena une guerre de gérilla aux Anglais. Il mena une longue et brillante action d'arrière garde contre les forces supérieures en nombre de l'ennemi. Lorsque la paix fut signée, il dut s'exiler en Espagne. Mais l'un de ces fils resta en Irlande, il fut à l'origine de notre lignée. Cet homme fut le dernier dirigeant du "sept" Sullivan. De son époque, notre famille a retenu deux éléments. Le surnom de 'the Beres' que tous les descendants directs de ce seigneur portent. Et le fait d'être conscients de descendre du "dernier Prince d'Ecosse."

Notre famille émigra en 1704 aux Etats Unis. Ils s'installèrent dans le New Hampshire, à Portsmouth. A l'époque, nous avions perdu notre superbe, pas nos racines. Le fils du premier émigrant, était maître d'école. Il dona naissance en 1740 à John Sullivan (à l'époque, être irlandais était mal vu alors les noms étaient changé, mais cela ne dura pas longtemps). John Sullivan. Lorsque la révolution américaine démarra, il était brigadier général. Il participa au siège de Boston, puis commanda les forces d'invasion au Canada. L'invasion échoua, mais il fut pourtant promu Major General. Il fut capturé en 1776 malgré sa bravoure (son camp étant attaqué, il sortit avec un pistolet dans chaque main, le sabre à la ceinture et abbatit plusieurs des mercenaires hessiens engagés contre lui.
Libéré, il eut sa revenche à la bataille de Trendon où il sécurisa un bon important qui coupa la retraite des Hessiens. Les tensiosn avec le Congrès l'envoyèrent loin du front ou à des postes mineurs. Il commanda cependant la répression des Iroquois en 1779.

Il y eut aussi John Francis O'Sullivan, décoré de la médaille d'honneur durant les guerres indiennes, dans la fin du XIXème siècle ; John Louis O'Sullivan, qui créa le concept de Destinée Manifeste qui justifiait l'expansion américaine sur l'Amérique. Timothy H. O'Sullivan était lieutenant durant la Guerre de Sécession et pris des photos bien connues de la défaite de Bull Run ; Gerald O'Sullivan capitaine dans le Royal Inniskilling Fusiliers qui reçut la Victoria Cross au pour son courage et son comportement sous le feu ennemi en Turquie. Il mourut en 1915. Son frère, Gearoid O'Sullivan était un des leaders de la révolte irlandaise de 1916.
Mais ce sont les quatre derniers qui furent les plus intéressants : Mickael O'Sullivan, mon grand oncle avait été un des tueurs les plus craints des années 30. Lorsque lui-même fut tué, son fils Mickael Jr O'Sullivan le vengea avant de devenir le pasteur que j'avais en face de moi. Plus tard, un cousin éloigné, Walter O'Sullivan (le petit-fls du frère de Mickael) avait été un tueur très réputé, soupsonné de l'assassinat en 1964 du sénateur William Lester Night. Walter était mort en 1975, on avait retrouvé son corps - poignardé - aux côtés de celui d'une jeune fille.

Lorsque mon oncle eut fini le récit de famille, il pensait certainement que je serais dégoûté de cette famille. Mais non. J'étais admiratif. Des générations de guerriers, morts pour soutenir l'honneur famillial, auréolés de gloire. Ma voie était toute tracée : je n'avais pu devenir un héros de guerre car la guerre du Vietnam avait mauvaise presse, alors je serait tueur à mon tour.

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William J O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Une vie au service de la mort   Mer 11 Juin - 11:14

La réalité fut que je devins un homme à tout faire pour la mafia : je faisais les courses, les commissions, je conduisais la voiture, je faisais la sentinelle : pas du tout ce que j'esperais. Puis un jour, au cours d'une mission dont j'étais le chauffeur, une fusillade éclata. Mon patron pris une balle dans la cuisse, ses deux hommes de mains tombèrent aussi, un mort, l'autre salement blessé. En face, y'avait sept tueurs.
Je suis sorti de la voiture, colt 1911 en main. La première balle frappa le leader ennemi en pleine tête. Avant que les autres n'aient le temps de se mettre à couvert, j'en tuai deux. La fusillade prit de l'ampleur et je reçut à mon tour une balle dans le corps - dans le bras. En face, j'avais buté encore deux porte-flingues. Au sol, faisant le mort, j'attendis que l'ennemi vienne à moi pour vérifier que j'étais bien refroidi. Puis lorsqu'il fut à moins d'un mètre, je relevai mon flingue. La balle frappa sous la mâchoire et resortit en embarquant un gros bout de crâne. Son pote n'eut pas le temps de se dégagé, je lui mis deux balles dans le corps, dont une dans la gorge. Le nettoyage était fait.

J'embarquai le boss, les deux cadavres - l'autre porte-flingue avait fini par se vidé de son sang - et j'avais dégagé. Après cet épisode, c'est moi qu'on envoya faire le sale boulot. Les patrons disaient de moi que j'était "un homme de main", mais tous les autres mafieux m'appellaient "le nettoyeur". Pour eux, j'ai tué des hommes, des femmes. Jamais on n'a pu mettre mon nom sur un meurtre à l'époque. J'avoue que je n'ai jamais cherché à suivre le compte des mes victimes, j'en ai oublié le nombre. L'armée durant la guerre m'en a officialisé 87. Autant dire prêt du double en réalité. Entre 1974 et aujourd'hui, je dirais encore cent cinquante de plus. ça vous semble énorme? ça l'est. N'allez pas pensé que je suis un psychopathe qui tue par plaisir. Durant la guerre, j'ai tué pendant sept ans par devoir, pensant quatre par vengeance. Depuis j'ai tué pour vivre. Tueur est un métier comme les autres : c'est une activité qui répond à un besoin, comme le mec qui tient une friterie réponds à la demande en frites de la population.

Ceux que j'ai envoyé ad Patres n'étaient pas des enfants de coeur. Ils savaient tous ce qu'ils risquaient et la grande majorité avait les mains bien profondément dans le camboui.

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MessageSujet: Re: Une vie au service de la mort   Mer 11 Juin - 11:26

Dans les années 80, les boss ont commencé à se faire un paquet de pognon avec leur casino de Las Vegas. C'était la Ruée vers l'Or. Et comme toute ruée vers l'or, il y avait des pistoleros bien décidés à se faire un avenir à la force du revolver. On m'a chargé de fonder une équipe pour mettre de l'ordre dans tous ça. J'ai débarqué en 1983 avec une équipe de dix-neuf Marines à la retraite, tous des anciens du Vietnam ou de la Corée. La guerre qui a suivi a ramené le calme en ville, pour des pertes minimes de notre côté. Les tueurs du coin étaient rarement des pros, incapables de faire face à une équipe bien formée, bien armée et bien soudée. Certains des meilleurs ont préféré mettre les bouts ou même travailler pour nous. Belle époque.

Rapidement, notre groupe a été surnommé "les Texas Rangers". On a construit un bar dans le désert, non loin de la ville qu'on avait appellé "La Ruée vers l'Or". ça nous servait de QG, et en deux ans, c'était devenu une véritable forteresse contenant plus d'une trentaine de tueurs. on diposait même de deux blindés : un M113 et un canon auto-propulsé datant du VIetnam. AUtant dire qu'ils n'ont jamais servi : les patrons nous payaient pour que la ville soit calme et elle l'était. Le FBI savait qu'on existait, ils savaient même où nous trouver, mais ils nous laissaient tranquilles car on leur évitait pas mal de paperasserie en éliminant les gêneurs. Si un mec enfreignait trop gravement la loi - notre loi -, il finissait dans un trou dans le désert.

C'est parti en merde en 1987. Le FBI avait beau nous lâché la grappe, ils ne cherchaient pas moins à coincé nos patrons. Ils ont réussi à capter une conversationqui contenait suffisement de noms pour qu'ils lancent une large opération de ratissage. Les patrons se sont trouvés devant un tribunal avant de comprendre ce qui leur arrivait. Mais ils étaient trop fins pour tomber pour ça. Ils joué la carte de l'invalidité physique pour faire traîner le procès, avoir le droit à des pauses régulières et la visite d'un "médecin" à qui ils donnèrent les ordres. A l"époque, j'étais au Japon et j'avais du rentré en urgence aux States et je n'étais que depuis une journée dans le bar quand je reçus l'appel. L'ordre était simple : je devais tout nettoyé, j'effaçais toutes les traces : le gérant du casino, les mecs qui transportainet l'argent, etc.

Bordel, ça a été un vrai bain de sang. J'ai envoyé mes hommes à travers les Etats unis pour faire le boulot. Moi-même je pris en charge l'étranger. J'ai tué un homme réfugié en Colombie, deux autres qui avaient échappé à mes hommes en Israël un en Angleterre et enfin un planqué dans un village au Congo.
Les boss étaient contents : avant que leur procès ne commence sérieusement, il ne restait plus personne des listes du FBI qui soit encore vivant. A part moi. C'est là que j'ai vraiment manqué de finesse. J'étais avec cinq de mes Texas Rangers dans mon bar lorsque les tueurs sont entrés. Ils ont tout mitraillé à la Kalashnikov, mes hommes y sont tous passés sauf un, Richard qui s'est barré par une trappe derrière le comptoir. Moi, j'ai réussi à me barrer dans l'escalier. Sauf que c'était un cul-de-sac. Mais ce n'était pas une sortie que j'étais allé cherché, mais la M60 qui se trouvait dans les toilettes. Je les ai abbatu dans le couloir et l'escalier, un seul a eu le temps de tirer et j'ai pris la balle dans le gras du ventre, lui plus d'une dizaine dans les entrailles et l'abdomen. Perdu...

Au même moment, Richard a débarqué avec un M16. J'ai cru qu'il venait me finir, mais non, il m'a aidé à sortir. On s'est barré dans sa mustang en laissant le bar brûler. Un des cadaves portait des copies de mes plaques militaires pour que je puisse être tranquille. Mes hommes savaient que dans ce genre de situation, on avait un lieu de rendez-vous : une cantina décrépie à la frontière mexicaine.

Il n'en revint qu'une quinzaine. Une partie me croyant mort avait préféré se mettre au vert, d'autres s'étaient fait buté. On a passé la frontière et il ne m'a pas fallu longtemps pour entrer au service d'un chef de gang local appellé Fernandez. Notre travail était clair : prendre le contrôle de Tampico. Je commandais une force de dix-sept anciens militaires et quarante-trois Mexicains. La guerre des gangs qui suivit a couté la vie à deux de mes américains pour prêt d'une vingtaine de Chicanos chez nous. Suffisement en face pour qu'ils acceptent de nous rallier. Je me suis donc retrouvé lieutenant d'un parrrain du Golfe du Mexique. Les loups ne tardèrent pas à arriver. D'autres mafias mexicaines voulaient le gâteau. Ils n'ont pas réussi à s'installer longtemps, mes Marines et moi avons écrit une page de plus à l'histoire de la ville, une histoire rédigée avec su sang mélangé aux larmes.De ces deux guerres, j'ai retenu une chose : à part les pros, on en peut rien aire de bien avec les Chicanos. J'ai donc mis en place au pays un réseau de récupération et de formation des anciens militaires tombés dans la criminalité et emprisonnés. Un ami en prison qui avait pris pour 112 ans de taule, ancien mitrailleur d'hélico de combat que tous nommaient "Viet-killer" monta un réseau efficace. En taule, il réussissait à enseigner comment tuer, non pas en tant que militaire mais en tant que nettoyeur, à d'anciens marines, paras, GIs ou juste à des mecs qu'il considérait comme talentueux. J'ai ainsi bâti un des groupes les plus efficaces du Mexique. Mais ce que tous disaient c'est que tous les Gis d'Amérique ne valaient pas "le vieux Bill", petit surnom que les hommes me donnèrent.

Je suis devenu le tueur le plus craint du Mexique en quelques années. Pas forcément le plus efficace, mais je savais signer discrètement un crime sans permettre qu'on me remonte. Je savais aussi éliminer la concurrence. Et en même temps, je n'en tire aucune gloire, aucune autorité. Je considère que la personne en face ne sait pas qui je suis et je préfère être craint plutôt pour moi-même que pour ma réputation.

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MessageSujet: Re: Une vie au service de la mort   Mar 12 Aoû - 21:48

Le Mexique a été le Paradis et l'Enfer à la fois pour moi. Le Paradis, parce que je voyageais beaucoup : France, Russie, les pays arabes, la Chine, l'Inde et une partie de l'Amérique du Sud. ça c'était sympa. Ce fut une période de calme, paradoxalement. Certes, je tuais régulièrement des gens, policiers trop curieux, juges trop propres ou trop gourmands. Puis il y a eu John MacKellay. Le problème a été celui que toutes les mafias rencontrent un jour ou l'autre : le flic d'interpole qui a réussi à enquêter sur votre groupe et qui se prépare à tout balancer. Et ce connard est toujours accompagné pour empêcher de l'abbatre discrètement, des mecs surveillent sa voiture pour pas qu'on la piège, idem pour son appart... Bref, l'emmerdeur.

Le mien s'appellait John MacKellay. Intouchable, inattaquable, incorruptible, impossible de faire pression sur lui; de l'acheter ou de l'abbatre. Du moins c'est ce que tous pensaient. Moi, dans ce cas, j'ai fait un geste : j'ai rappellé que le vieux Bill, malgré ces cinquante balais, n'a jamais eu peur de tuer des foules si le besoin était. Deux jours avant son discours devant les Nations Unis, il fêtait les quarante deux ans de sa femme. Deux cents kilogs de C4 planqués dans un camion de livraison ont fait sauter le restaurant de campagne où ils faisaient la fête. Quarante sept morts dont l'agent d'interpole, ça femme, leurs deux enfants.

L'artificier se fit arrêter par le FBI le lendemain. Ils l'ont forcé à parler et il a commencé à balancer. L'opération d'abord, où apparassait clairement mon nom. Le jour même, au cours de son transfert jusqu'à une prison de très haute sécurité, il fu frappé d'une balle en pleine tête. Je dois dire que je suis assez fier de ce tir à 87 mètres sur une cible en mouvement. Ceci étant, j'avais cinq autre tireurs à des distances moindres au cas où je loupe mon tir.

Juste après, j'ai tout pris dans la gueule. Je me suis retrouvé traqué par une quinzaine de polices différentes sur presques tous les continents. Le pire c'est qu'on m'a attriué plus de quatre cents meurtres non élucidés, dont certains à des centaines de kilomètres l'un de l'autre le même jour. Je peux le dire : je n'ai pas tué tant de monde, je ne pense pas dépasseé les cent cinquante morts durant ma carrière "civile". Et surtout : je ne suis pas l'assassin de Kennedy, j'ai un alibi et des témoins.



L'Enfer, dans tout ça, ça a été la vieillesse. Perdre peu à peu sa beauté, prendre du poinds, perdre ses réflexes, sa souplesse... AAjoutez à cela les problèmes cardiaques naissant. Ce fut une période pénible pour moi.

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MessageSujet: Re: Une vie au service de la mort   Mar 12 Aoû - 22:36

J'arrive à la moitié de mon récit et les questions m'assaillent. Quelqu'un lira-til cet ouvrage? J'a commencé à travailler dessus pour moi et maintenant, je me dis que j'aimerais que ce soit publié. Que les gens sachent que les tueurs comme moi sont des citoyens normaux. ça peut-être votre mari, votre petite amie.
Mais quelle image avez vous de moi? Un vieux tueur en quète de repentir?Une balance? Détrompez-vous. Tous les noms que j'ai donné sont deux de mort ou ceux de personne dont le métier est de notoriété publique.

De tout ce récit, il n'y a qu'une personne dont taire le nom m'est impossible. Celle à qui je dédie mon livre. Motoko. Je l'ai rencontré juste avant la crise de Las Vegas. J'étais au Japon pour rencontrer un chef Yakuza qui devait nous fournir des filles. C'était dans un bar, elle était avec des amis. Moi, je me trouvais seul. Un de ces potes m'a embrouillé, il m'a insulté. Sauf que je parle courramment Japonais. Je me suis levé et lui ai mis un taquet. Le gamin a volé à deux mètres de là. Sauf que j'étais énervé. On n'insulte pas ma mère. Elle a du voir mes armes lorsque je me mis debout, elle a comprit que j'allais tué son ami. Elle s'est mise en travers de mon chemin. J'ai cru qu'un seul de mes regards la persuaderait de se retirer de là. Mais elle l'a soutenu sans peur dans les yeux.
Ce comportement m'a tué. Son courage aussi. J'ai souri et j'ai tourné les talons, posé quelques billets sur ma table pour payer ma consommation et suis sorti.

Dehors, je me suis posé sur un banc dans un parc proche de là et me suis allumé une clope. Il faisait nuit noire, il n'y avait pas d'étoiles ni de lune, seulement la lumière d'un réverbère proche. C'est dans ce halo qu'elle est apparue. Elle s'estassise sur le banc d'en face.


"Vous êtes un tueur?
-Oui."

J'expirai la fumée et plongeai mon regard dans le sien. Elle ne bougeait pas d'un millimètre.

"ça n'a pas l'air de t'effrayer.
-Pourquoi, je devrais?"

Je finis de tirer ma latte.

"Peut-être."

Elle continua de me fixer. Le réverbère s'éteignit. Il me fallut une minute pour que ma vue s'adapte. Elle n'avait toujours pas bougé.

"Vous travaillez pour les yakuza?
-Non.
-Vous restez longtemps au Japon.
-Je ne sais pas.
-Vous voulez que je vous fasse visiter Tokyo?"

De nouveau un sourire se dessina sur mon visage... Cette fille avait l'art de m'amuser. Je me levai et écrasai mon mégot sous le talon de ma chaussure.

"Je te suis."

Nous sommes promenés environ trois heures environ dans la ville. Il lui a fallu quelques minutes pour me dire qu'elle s'appellait motoko, moins d'une demie-heure pour m'annoncer quelle avait 19 ans. Au bout de deux heures, elle m'embrassait et au bout de trois, elle me faisait entrer dans sa chambre d'étudiante.
Je savais qu'elle était mineure et que j'avais dépassé les quanrante ans mais j'avoue que j'avais devant moi une jeune femme magnifique, décidée et consentante. Le plus drôle, c'est que c'est elle qui menait la danse, elle commença à me déshabiller pendant je je defaisais ses propres vêtements. Elle se retrouva face à moi, seulement vêtue de son porte-jartelle et ses résilles. C'était une époque où j'étais encore athlétique, pas des masses de bidoche de trop. Elle s'allongea sur son lit où j'allai la rejoindre. J'avais compris qu'elle était vierge. J'ai voulu que sa "première fois" soit mémorable. Je fis courir ma bouche sur son corps ett elle cria de plaisir lorsque ma langue visita son jardin secret. Ce fut une nuit délicieuse.


Le lendemain, lorsque je me réveillai avec Motoko allongée contre moi, la tête sur ma poitrine, je ne pus de m'empêcher de me dire qu'à ce moment, je vivais le moment le plus heureux de ma vie.
J'ai obtenu de mes patrons de rester avec elle encore quelques temps. Après un mois de vie commune, elle partit une semaine à Kyoto pour voir ses parents. J'avais comprit qu'elle allait leur demander le droit de se marier, étant mineure.
C'est durant son abscence qu'on m'appella pour m'ordonner de rentrer : les patrons venaient d'être arrêtés. Je ne pouvais pas attendre quatre jours qu'elle revienne. Je lui laissai un mot lui expliquant mon départ, y joignant mon numéro de téléphone aux States. Les semaines suivant, je ne passai presque pas de temps au bar, elle téléphona peut-être mais elle ne laissa jamais de message. La destruction du bar coupa tout moyen de la joindre.

Je suis retourné une fois au Japon pendant deux mois pour la retrouver, une fois le calme revenu. Elle avait quitté son appart depuis un an d'après une voisine. Elle n'avait pas laissé d'adresse. Je retrouvai quelques uns de ces amis. Eux aussi avaient perdu sa trace. Je suis allé à Kyoto avec une photo d'elle mais ça ne donna rien. Je quittai le Japon. Je n'ai jamais connu d'autre femmes que des prostituées depuis. Nulle ne pourra jamais la remplacer.

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