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 26 Abibop Street.

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Seamus O'Callaghan
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MessageSujet: 26 Abibop Street.   Dim 1 Juin - 16:16

En provenance de chez Domingez

La voiture arrêta sa course dans la rue. Une porte s'ouvrit, laissant sortir un individu dans la nuit pluvieuse. Quelques mots furent échangés à voix basse, puis le véhicule redémarra. Seamus repéra le numéro de l'appartement qu'il aurait à visiter tantôt, puis alla s'abriter sous un porche. Il consulta sa montre. 23h51. Son "ami" ne devrait pas tarder. Le gilet pare-balle était plutôt inconfortable, à cause en partie de l'obligation que l'Irlandais avait de fermer son manteau afin de camoufler ses armes et ses munitions. Il posa la main sur le vêtement sous lequel prenait place son Glock 17 et ses deux chargeurs, puis sur sa cuisse droite, occupée par un fusil à canon scié. Seamus n'avait pas pris d'explosif. Sa mission consistait dans un premier temps à enquêter, et non à faire sauter la moitié de la ville. Certes, quelques grenades n'auraient pas étés de trop, mais malgré ses années passées dans l'IRA, l'Irlandais n'avait pu se débarrasser de la peur qu'il éprouvait chaque fois qu'il portait en portait, même à bout de bras dans une mallette. L'idée d'une balle venant se ficher droit dans les explosifs allait quelques fois jusqu'à lui donner la nausée. Pourtant transporter du C4 et autres matières "dangereuses" ne lui faisait ni chaud ni froid. Un mystère de plus à mettre sur le compte du Seigneur.

La pluie tombait toujours drue sur la rue déserte à cette heure de la nuit. 23h54. Comment allait-il s'y prendre pour interroger sa cible ? Et si elle n'était pas seule ? L'homme que l'Irlandais recherchait pouvait tout aussi bien être accompagné d'une péripatéticienne que d'une escorte de gorilles suréquipés. Il improviserait, bien que l'idée de déclencher une fusillade à dix contre un dans une rue déserte, au champ de tir dégagé n'était pas du goût de l'ancien membre de l'IRA. Il posa de nouveaux la main sur les très légères protubérances signalant la présence d'objets compacts sous les vêtements. il sortit discrètement son pistolet, en vérifia le chargement, puis le replaça sous son manteau. Sa respiration s'accélérait. Depuis plus de dix ans qu'il accomplissait ce genre de boulot, et jamais il n'avait pu se défaire d'un stress, voire d'une certaine peur avant de passer à l'action. Jadis il la camouflait à l'aide de la satisfaction à venir qu'il éprouverait à punir les ennemis de son pays et de sa foi. Désormais, c'était dénué de sentiments métaphysiques. Tuer ou être tué. Il n'était pas encore assez connu dans la ville pour en être à ce niveau, mais cela viendrait bien assez vite. La seule consolation était que son compte en banque grandirait proportionnellement au nombre d'ennemis qu'il se ferait.

24h02. Seamus se tenait sur ces gardes, dans l'ombre du porche, invisible pour quiconque n'y chercherait pas un Irlandais dans un manteau noir prêt à agir. Des échos de crissements de pneus agressèrent ses oreilles, et le prévinrent de l'arrivée de sa cible. Le véhicule s'arrêta devant le numéro 26 de la rue. C'était lui. Seamus saisit son Glock dans sa main droite. Les phares s'éteignirent, et deux personnes sortirent, se dirigeant vers la porte de l'appartement. L'une d'entres elles était un homme plutôt trapu, sanglé dans une veste de cuir. L'autre était une ravissante créature, dont la beauté n'échappa pas à l'Irlandais malgré la nuit. Alors que sa cible pestait pour introduire sa clé dans la serrure de sa porte, Seamus s'élança dans la rue : il traversa en courant la route qui le séparait du numéro 26 puis décocha un coup de crosse dans la tempe de l'individu et envoya son coude dans le visage de la femme, désolé d'abîmer un si joli visage. Les deux cris de douleur et de surprise s'échappèrent presque conjointement. L'agresseur saisit le crâne de sa cible et l'écrasa une, puis deux fois sur la porte, et continua jusqu'à ce que celle-ci s'ouvre : alors d'un coup de pied Seamus précipita l'homme dans la pièce, se retourna vers la femme qui se tenait le visage ensanglanté des deux mains en pleurant avant de la pousser violemment contre son compagnon. L'Irlandais referma la porte désormais sans serrure en vérifiant que personne ne les avait aperçu. L'homme que l'ancien membre de l'IRA avait à interroger se tenait prostré contre le sol de son appartement en se tenant la tête des deux mains et laissant échapper plusieurs insultes peu ragoûtantes. Seamus soupira, puis, afin de trouver un peu d'intimité, expédia un revers de sa main tenant le pistolet dans le visage de la jeune femme. Il n'en n'avait aucunement honte. Si elle était bien ce qu'il supposait, le Seigneur même apprécierait son geste. Elle tomba lourdement au sol, face contre terre.

L'homme que l'Irlandais était venu chercher tenta de se relever, mais un prompt coup de pied dans l'estomac l'en dissuada. Tandis qu'il gémissait en murmurant des gentillesses à l'adresse de son agresseur, ce dernier entreprit de le fouiller. Il retira des divers poches plusieurs centaines de dollars en liquide, et un pistolet, qu'il jeta derrière lui après en avoir retiré le chargeur.


"Bordel, siffla l'homme au sol, z'êtes qui vous ? Vous voulez mon fric ? Prenez-le et tirez-vous !"


"Je suis le diable, et viens effectuer ma tâche...J'ai gravé ton nom sur la paume de mes mains."

(Isaïe 49,16)

"Quoi ?"


Seamus s'accroupit et saisit l'homme par le col, en lui collant le pistolet contre la tempe :


"Si tu réponds à mes questions, tu auras la joie de réveiller ta copine toi-même...". L'Irlandais marqua une pause, afin de laisser le temps à l'individu de saisir la situation. Puis il reprit :

"Ton business, ne me dis pas que tu t'en occupes en solo. Je veux juste savoir où je peux trouver tes patrons, ce n'est pas compliqué. Tu me le dis, tu vis, ta copine aussi, et je disparais. Simple non ?"

En réalité, L'Irlandais savait que ce ne serait pas aussi simple que cela. Une fois qu'il aurait les noms, il était impensable de laisser la vie à ce type. Peut-être ferait-il un aller simple chez Domingez, mais c'était là le seul sursis qu'il pouvait espérer. Seamus accentua la pression du canon de l'arme contre la tempe pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas toute la soirée.

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MessageSujet: Re: 26 Abibop Street.   Dim 1 Juin - 18:05

Ah ben ça au moins, c'est efficace. Parce que là, en deux temps trois mouvements, on a une pute sur le carreau, u mec plié en deux par terre désarmé. C'est beau le professionalisme.

Enfin, ça doit pas être l'opinion du mec par terre. Il a l'air un peu furieux, un peu souffrant et un peu mort de trouille.

"Je ne vois pas de quoi vous voulez parler! Je vends des assurances pour des exploitations agricoles!"

Aha... Le début de la phrase n'était pas super crédible... la suite par contre... Soit c'est du super bidon, soit les infos qu'on a donné à Seamus sont pourries.
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Seamus O'Callaghan
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MessageSujet: Re: 26 Abibop Street.   Dim 1 Juin - 19:20

"Ben voyons..."

L'Irlandais se mit debout, en tenant toujours le type par le col. Il tenait faiblement sur ses pieds, et bien moins encore quand il reçut un coup de crosse dans le ventre. Il s'écroula de nouveau en maudissant son agresseur. Seamus se remit à genoux à ses côtés puis lui reposa la question, en lui enfournant cette fois le canon de son arme dans le bouche :

"On se croirait dans un mauvais film...seulement c'est moi qui ait le script en main, alors tu va être gentil, tu va me donner les noms d'endroits où je pourrais trouver tes patrons, et tout est réglé !"

Il retira l'arme afin de permettre à l'individu de signifier sa désapprobation :

"Mais puisque je vous dis que je ne suis qu'un simple assureur ! Je ne comprends rien à ce que vous me voulez ! Vous me tueriez parce que vous vous seriez trompé de personnes ? J'vous ai rien fait alors retournez à vos histoire de gangster et laissez-moi tranquille !"


"Mauvaise réponse..."


Seamus rapprocha ostensiblement son index de la détente. L'homme se mit à pâlir. Cependant, l'Irlandais ne pouvaient s'empêcher de s'interroger sur ses sources. Domingez et le Consortium se seraient plantés ? Une erreur de ce genre pouvait tenir à un numéro d'appartement, un nom de rue...il avait peut-être démoli la face et la légitime épouse d'un honnête travailleur. Quoique...on rencontrait rarement un courtier en assurance qui fût honnête...mais cela n'était sûrement pas une raison pour ouvrir sa propre porte avec son crâne et lui coller son arme dans la bouche. Non, ils ne s'étaient pas plantés sur le type. Pourquoi s'acharnait-il à se défendre et ne se préoccupait pas le moins du monde de ce qui devrait être sa femme ? De plus, il était arrivé à l'heure indiquée par Domingez. Ca devait être lui. Et pour le faire avouer, il faudrait passer au degré supérieur dans la menace.
L'Irlandais se releva en lâchant le type, puis se dirigea vers la jeune femme inanimée. Arrivé du-dessus, il pointa son arme vers la tête, en regardant celui qu'il supposait être son client :

"Peut-être n'accordez-vous que peu de valeur à votre existence, et loin de moi l'idée de vous contredire sur ce point-là, mais j'aimerais néanmoins attirer votre attention sur le fait que si vous persistez dans votre mensonge, votre amie d'un soir se transformera en compagne de cercueil".

L'homme ne desserrait pas les dents, se contentant de fixer l'intrus de ces yeux haineux, tandis que sa main tâtonnait maladroitement à la recherche de son arme. Seamus soupira de nouveau, puis ajouta :

"Ou bien votre sol se retrouvera enduit d'une telle quantité de sang que vous aurez du mal à faire croire à la police que vous avez passé un week-end sans histoire".

"Allez vous faire foutre ! Je ne vois pas de quoi vous voulez parler !"

"Pardonne-leurs..." entonna l'Irlandais en levant les yeux au ciel.

Du temps de l'IRA, il avait participé à plusieurs interrogatoires de policiers ou de militaires, et la méthode radicale étaient immanquablement celle de la balle dans le genou. "Face à la douleur, il n'y a pas de héros" disait Orwell, et cela s'était vérifié de nombreuses fois. Seamus s'avança de nouveau vers l'homme au sol, qui recula instinctivement, avant d'être saisi et assis de force sur une chaise. Le canon du Glock vint se poser sur le genou du type. Lorsque ce dernier comprit, il se démena avec force, avant qu'un nouveau coup de crosse ne vienne le calmer. La panique se lut dans ses yeux, et finalement il abandonna :

"ok, ok...ok...je vais vous dire ce que vous voulez..."

L'Irlandais sourit en retirant son arme de la jambe de l'infortuné :

"Bon garçon..."

L'homme reprit son souffle et ses esprits, assis sur sa chaise. Puis d'une voix faible, il demanda :

"Vous n'auriez pas une cigarette, au moins ?"

Seamus acquiesça puis passa la main dans sa poche intérieure de manteau. Il en sortit un chargeur.


"Ah...non...désolé...mais poursuivez donc votre fabuleuse histoire...à moins qu'elle n'ait pas encore commencée ?"


Une dernière insulte s'échappa de la bouche du type, puis il commença :


"Mes patrons...mes patrons se sont mis en tête de s'introduire sur le marché de l'arme à Depra...mais en arrivant, ils ont vu que ce marché était sous le contrôle d'une organisation, d'un cartel, appelez-le comme vous voulez...cette organisation ne tolère les nouveaux venus que s'ils se conforment aux règles, ce que mon groupe a refusé...alors on vends nos armes sans s'occuper de ce cartel...et ca se passe plutôt bien..."


"Oh ben oui je vois ça..." murmura Seamus en admirant les hématomes qui se formaient sur le visage de l'homme assis.

Ce dernier reprit après une pause :


"mais...mais ce n'est pas tout...vous êtes sûrement venus avec vos doutes...si vous me promettez de me laissez tranquille après, je vous dirais tout..."

Des doutes ? Quels doutes ? L'Irlandais était venu avec l'intention de lui faire cracher le morceau sur ses patrons, et il y avait quelque chose au-delà ?

"Si tu t'arrête-là tu ne reprendras plus jamais, alors parle."

L'homme soupira de vagues propos concernant une pratique sexuelle, puis poursuivit d'une voix lasse :


"Mettre le bordel chez les vendeurs d'armes illégaux de Depra n'est qu'une partie de leurs plans...je crois bien qu'ils veulent déstabiliser l'ensemble des structures de la ville...pourquoi, j'en sais rien...peut-être pour en prendre le contrôle par la suite, où juste pour prendre leur pied...demandez-leur..."

Seamus réfléchit quelques instants. Il avait mis le doigt sur quelque chose qu'il ne soupçonnait même pas...mais ça ne changeait pas grand'chose à son boulot :


"Et je les trouves où ?"

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MessageSujet: Re: 26 Abibop Street.   Dim 1 Juin - 19:38

L'homme semble se calmer un peu - oui, c'est très relatif, on parle tout de même d'un mec qui s'est fait frappé et qui a un flingue devant lui. Mais bon, il semble voir la posibilité de survivre.

"Je n'ai qu'un contact au dessus. C'est le système : pour remonter jusqu'en haut, il faut passer par une personne à la fois. Y'en aura forcément un pour mourir avant de cracher le morceau et la chaîne est brisée, il n'y a plus qu'à rebâtir.
Tout le monde utilise des pseudo, en rapport avec le patrimoine mondial. Je suis Louvre. Mon contact se nomme Grande Muraille. Nous nous retrouvons toutes les semaines, à 01H01 précises dans un salon privé du Coconut Palm. 01H01, précises. A 01H02, il tire, à 01H00, il tire. Lors du rendez-vous, je lui remet l'argent, il me donne des ordres, des clients et le lieu de la prochaine cargaison d'armes.

Jene peux pas dire plus, je ne sais pas plus. J'ai tenu ma part du contrat, A vous de tenir la vôtre."

C'est beau l'espoir. C'est la dernière chose qu'il reste à l'homme, dit-on. Mais bon, faut dire que ce mec a ouvert la boîte de Pandore : il a vendu des armes, des armes à des dealers, à des gangsters, à des drogués, à des enfants. Qui sait qui est mort à cause de ces armes. Quel innicent est mort à cause de ces armes.
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Seamus O'Callaghan
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MessageSujet: Re: 26 Abibop Street.   Dim 1 Juin - 20:16

Le Coconut Palm


Seamus écoutait attentivement. Jésus, ils auraient pu faire encore plus précis ! Il consulta rapidement sa montre. Bon, s'il attrapait un taxi rapidement, il pourrait rejoindre le Coconut Palm à temps pour le rendez-vous. Et que ferait-il une fois là-bas ? Descendre un type en plein club, sans avoir eu les informations nécessaires ne semblait pas la solution la plus appropriée. Les râles du type le sortirent de ses réflexions. Agacé, l'Irlandais se rappelait de sa promesse. Le laisser en vie ? Il avait les infos, et l'autre représentait désormais un danger. Quant à la fille...

Seamus frissonna au contact de l'air froid. Il enfourna dans ses poches les billets pris au type sur sa chaise. La rue était déserte, comme elle l'était dix minutes auparavant. Il prit la décision de marcher à vive allure vers la Vieille Ville. Il trouverait bien un taxi en route. Et ça lui donnerait le temps de réfléchir à sa façon d'appréhender la nouvelle situation. Les pensées de l'Irlandais se brouillèrent, entre ce qu'il avait fait, et ce qu'il lui restait à accomplir. Une chose se détachait nettement : un silencieux n'aurait pas été de trop...il ne s'inquiétait pas des cadavres laissés derrière lui au niveau juridique, mais bien plus au niveau pratique : si le type l'avait mal rencardé, l'organisation voudrait peut-être prendre contact avec lui plus tôt que prévu, et viendrait ainsi à découvrir que quelqu'un se trouve sur leurs traces. Seamus accéléra le pas. Il lui fallait trouver une solution pour arracher des informations substantielles, à un bonhomme qui n'était sans doute pas un enfant de chœur, dans un club bondé, le tout sans tirer à tout va et attirer la police, sachant que le type lui n'aurait peut-être pas ce genre de scrupule et pourrait décider d'arroser la salle pour simplement protéger son groupe. Mouais. Cela s'annonçait plutôt mal...

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